Series VI Band 3 · No. 55.

Ars inveniendi maxime discenda

French

4 Scientia illa maxime discenda est, quae semper est utilis. La science des Romans, et de l'eloquence françoise ne serviroit pas, parmy les Turcs. La science de la medecine y serviroit; mais voyons s'il n'y a pas un estat de l'homme, ou la medecine ne sert point, c'est par exemple l'estat d'un homme qui songe, supposons qu'un homme songe fort longtemps; par exemple quelques années de suite, que pourroit il faire en ce temps; il ne pourroit pas lire dans les livres, ny chercher les plantes dans les champs, ny examiner les corps avec un microscope. Il ne pourroit méme faire des experiences sur son corps; il ne luy resteroient que celles qui se peuvent faire sur l'esprit, or les experiences qui se peuvent faire sur l'esprit, ce sont celles, qui se font en examinant nos idées, et qui nous donnent des demonstrations en Geometrie, Arithmetique, Metaphysique. Ainsi on m'avouera que celuy qui songe n'est capable d'autres verités que de celles qui se tirent de l'esprit méme. Donc l'art d'inventer, et de perfectionner l'esprit en luy méme, servant à tous les estats de l'ame, doit estre sur tout estimée.