Series VI Band 3 · No. 22.

Aus und zu der Logique von Mariotte

French

Introduction aux Sciences de Mons. l'Abbé Mariotte . ( Il appelle demandes, propositions, qui ne sont pas tout a fait claires mais difficiles à prouver. J'adjoute qu'elles doivvent estre plus claires que ce qu'on entreprend de prouver. ) Demande. Qu'on donne un méme nom aux choses semblables, entant qu'elles sont semblables, et des noms differens aux choses differentes entant qu'elles sont differentes. Principes. Il y a des propositions si evidentes, que pourveu qu'on entende leur signification, on ne peut douter de leur verité. Il les appelle veritez premieres. Et leur opposé faussetez premieres. Les veritez premieres ne doivvent point estre prouvées; ( Je demeure d'accord que cela n'est pas necessaire, mais si cela se peut, il n'est pas utile de le faire pour des raisons ) parcequ'elles sont certaines d'elles mémes. ( Il n'y a point de certaines d'elles mémes que les identiques. ) Proposition intellectuelle est celle qu'on peut juger vraye ou fausse par elle méme sans se servir des sens, et il suffit d'en entendre la signification. Les autres sont sensibles. Il ne faut point disputer contre ceux qui nient des veritez premieres. ( J'en demeure d'accord, si ces sont ces. Les veritez absolument premieres ou identiques, par exemple une chose est egale à elle méme; A est A. A non est non A. Mais non pas autrement. Par exemple des gens ont crú, que la proposition totum esse maius parte n'est pas universelle. ) Principes naturels. Si une chose estant posée l'effect est posé; et estant ostée l'effect est osté; et tout autre estant ostée l'effect n'est point osté, elle est cause. ( Pour quoy non adjouter: et tout autre estant posée l'effect n'est point posé, de plus une autre le peut produire aussi, mais non pas de celles qui sont maintenant. ) Si deux choses estant posées il se fait un effect, et l'une le produise l'autre le recoivve; celle qui ne souffre point de changement est celle, qui produit l'effect. Chose est possible intellectuellement lors que la proposition qui asseure qu'elle est impossible, n'est pas une proposition intellectuelle veritable. Le monde est un possible intellectuel reduit en effect. Cause semblable et semblablement disposée produit un effect semblable. Les causes posées l'effect se fait naturellement au sujet disposé. Tout possible naturel est aussi possible intellectuel. Matiere, ce qui reste dans les changements des substances sensibles. Les effects ne sont pas avant leur causes; et tout effect a une ou plusieurs causes. ( Il faut dire, toute chose qui est, et qui n'a pas esté, est un effect, ou a quelque cause. ) Nous appellons sans saveur l'eau qui est moins salée que nostre langue, et froide celle qui est moins chaude que nostre main. Qualité essentielle d'une substance est sans laquelle, elle n'auroit pas le méme nom, qu'on luy donne ( Nom qui luy est propre ). Proprieté est qualité dans une substance qui ne faisant point donner le nom, s'y remontre pourtant dans une substance particuliere, et non pas dans une autre plusieurs choses ayans un nom commun de substance, sont dites estre d'un méme genre. ( Il faudroit expliquer: nom commun de substance, par exemple les roses sont du genre des fleurs, et aussi du genre des choses odoriferantes; le premier est un nom de substance. ) Qualité naturelle a une chose, lors que rien au dehors d'elle agissant sur elle elle la conserve; ou la reprend lorsque ce qui la luy a fait perdre en est osté. Il faut que les signes se trouve(nt) tous; par exemple, le salpetre a plusieurs signes de l'eau glacée, mais estant mis sur un charbon ardent il donne des flammes bleues: ce qui ne convient pas à l'eau glacée. Il faut croire une proposition vraysemblable lorsque n'estant pas infallible, elle a plus de signes ou d'apparences ou est plus souvent reconnue veritable. Mais les propositions vraysemblables ne doivvent estre receues qu'au defaut des autres et lors qu'on est presté d'agir. Toutes les fois qu'il nous semble estre éveillez, si faisant reflexion sur tout ce qui nous paroist nous n'y trouvons rien de contraire à la suite des causes et des effects naturels, qui nous sont connus, il faut croire que nous somme éveillez, et que la plus part des choses ont une existence reelle etc. Il faut conclure pour le plus grand nombre des signes lors que les signes sont egalement considerables. Il faut croire qu'une chose arrivera plus tost qu'une autre, lors qu'elle a plus de possibilitez naturelles, ou qu'une semblable est arrivée plus souvent en roulant sur une table 3 dez bienfaits, on fera plus tost dix que 4, car dix se peut faire en plus de sortes que 4. On a veu que l'eau esteint le feu, mais on n'est pas asseuré qu'elle éteindra tout le feu, effectivement elle n'éteint pas le feu de camphre. Il est vraysemblable ( Je croy qu'il est necessaire ) que les causes qui auront du rapport entre elles feront des effects ou semblables ou qui auront des rapports entre eux. Lors qu'une chose estant posée il se fait un effect et qu'estant ostée l'effect cesse ou ne se fait pas; si cette cause est reconnue suffisante, pour cet effect, quoyque on ne soit pas certain que toute autre cause soit posée ou ostée selon les conditions du principe cy dessus; on tiendra pour vraysemblable que c'est la cause, ou une des causes de cet effect, jusque à ce qu'on decouvre une autre, à qui les conditions conviennent mieux. Par exemples, vraysemblable que les fontaines procedent de la pluye car elle les fait croistre, et la secheresse les fait cesser. Lors que dans l'examen de la suite des causes on vient à une dont le fait est asseuré, et de la quelle dependent plusieurs autres, et on ne voit pas d'où elle depend, on s'en servira comme d'un principe. On les peut appeller principes d'experience. Lors que plusieurs personnes sans avoir communiqué asseurent separément d'une méme façon et avec les mémes circomstances un effect arrivé en la nature; il faut croire la verité de cet effect; comme d'une premiere verité sensible; car comme il y a une infinité de differentes pensées possibles, il est tres difficil que plusieurs hommes se rencontrent dans une méme pensée avec toutes les circomstances. Lors que quelqu'un asseure par diverses fois et en divers temps de méme façon, et avec plusieurs mémes circomstances et nulle difference, un effect arrivé en nature; il faut croire vraysemblable que cet effect luy a paru, si l'on ne sçait aucune cause par la quelle il ait recue une fausse croyance, ou aucun sujet de parler contre sa croyance. Principes ou propositions fondamentales de la morale. Cause du plaisir les biens, cause du déplaisir les maux. Passion est une emotion extraordinaire par l'apparence d'un bien ou mal. Bien égal au mal, lors qu'estant joints ensemble il est indifferent de les fuir, ou de les suivre. Il faut compenser l'estime des biens par celle des maux. Il ne faut pas considerer la grandeur des choses mais celle des biens ou maux qu'elles causent. Si de deux biens egaux l'un est present l'autre avenir; il faut ( distilletur ) preferer le present ( distilletur dubito. Je croy qu'estant egalement asseurez, je prefereray le futur. Car il est tousjours bon de bien finir ). Une chose nous a esté sujet de joye; nous la revoyons sans qu'elle nous excite la méme joye, et neantmoins nous nous souvenons de la passée. Il est possible que les apparences, qui nous arrivent en dormant ou dans un delire soyent aussi fortes et claires, que celles qui procedent des veritables sensations; et qu'on croit avoir veu ce qu'on a songé et qu'on croit avoir songé ce qu'on a veu. La contraire peut estre contraire aux apparences, et il n'y a rien de si peu vraysemblable où la croyance de quelqu'un ne se puisse naturellement porter. Il n'y a rien de si mauvais à la plus part des hommes où la volonté de quelqu'un ne se puisse naturellement porter. Celuy qui croit estre content et heureux, l'est lorsqu'il le croit; et celuy qui ne le croit pas ne l'est pas. Les biens ou maux ne nous touchent pas à proportion de leur grandeur, mais de nostre disposition, et souvent des petits sujets de déplaisir nous touchent autant que des grands. Plaisirs de l'honneur, et plaisirs de convenance; l'un d'estre loué; l'autre par exemple lecture d'une belle poésie. Action morale, est avec rapport au bien ou mal, mauvaises actions à cause du mal qu'elles font, ou cause de bassesse et imperfection de celuy qui les fait. Richesses, est un bien d'esperance ou utile, mais comme il sert à beaucoup de biens il est preferé à plusieurs biens particuliers. Devvoir de convenance different du devvoir naturel. Devvoir de convenance est d'une certain symmetrie, devvoir naturel, suivre le plus grand bien apparent. De deux biens le plus grand, de deux egaux le plus durable. Il ne faut pas que la recherche des moyens fasse perdre le bien méme. Des egaux le plus vraysemblable. Lors que tous les biens egalement possibles il faut suivre le plus grand nombre. J'ay fait remarquer à Mr. de Mariotte, que les definitions sont le veritable principe d'invention dans les veritez sensibles; et c'est là l'analyse de substituer la definition à la place du defini. Mons. Pascal dit dans son Triangle Arithmetique qu'il veut varier les enontiations d'une méme proposition par de differens rapports, ce conseil revient (quoyqu'on ne se l'imagine pas) à celuy de Mons. des Cartes, de poser plusieurs lettres pour inconnues et au mieux des characteres; qui est le plus general.