FrenchMonsieur
J'ay Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: A Mons Bayle Berlin 19 Aoust 1702 appris de M. Toland que vous vous portés bien et que vous vous souvenes favorablement
de moy. Et j'en suis ravi. Il m'a meme salué de vostre part, et je vous en remercie non
seulement par cette lettre, mais encor par ce que j'y joins. J'ay vû la nouvelle edition de vostre
excellent Dictionnaire, où il y a tant d'erudition, d'esprit, et d'agrément, que j'ay eu besoin
d'un grand effort sur moy meme pour m'en arracher, quand il le falloit. Mon sejour à
Luzembourg, maison de plaisance de la Reine de prusse, où je me trouve maintenant avec Mad.
l'Electrice, me donne un loisir que je n'ay point ailleurs. J'ay lû d'abord l'article de Rorarius, et
me voyant invité si obligeamment, j'ay fait une replique que je vous envoye. Elle sera
maintenant pour vous Monsieur, et pour quelques amis choisis, plustost que pour le public.
Mais je souhaitte que vostre loisir vous puisse permettre de l'examiner, afin que je puisse avoir
l'honneur [d']apprendre vostre sentiment par la voye de M. de Volder, dont vous connoissés,
Monsieur, les grandes lumieres, et qui sera bien aise aussi de voir vos reflexions comme je
seray ravi d'apprendre encor les siennes. Si je ne savois que les plus profondes ne vous coustent
gueres je n'oserois point vous en demander, de peur de vous derober au temps qui vous doit
estre pretieux aussi bien qu'au public.
C'est encor pour cette raison que je finis maintenant, quoyque je pourrois encor dire bien
des choses à l'occasion de vostre ouvrage; et je suis avec zele
Monsieur etc.