Series II Band 3 · No. 55.

LEIBNIZ AN FRANCISCUS MERCURIUS VAN HELMONT

[Hannover, vor dem 17. April 1696.] [80.]

French

LKonzept: LBr 389, Bl. 24. 1 Bl. 4o. 2 S. (Unsere Druckvorlage.)

AAbschrift von L von Schreiberhand: LBr 389, Bl. 23 u. 25. 1 Bog. 2o. 3 1/₄ S.

Monsieur

Je Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: A Monsieur le Baron François Mercure d'Helmont presentement à Berlin. ne prendrois pas facilement la liberté de Vous écrire, si la cy jointe ne m'y obligeoit. Ce n'est pas que je ne tiendrois à grand honneur d'avoir l'avantage de vostre commerce, mais ne sçachant point vos manieres et maximes là dessus, je n'osois point vous le demander de peur d'importunité; bien que je souhaitte d'apprendre souvent des nouvelles de vostre santé et de vostre satisfaction, que vous aurés trouvé sans doute à la cour où vous estes et où je souhaiterois que vous vous puissiés arrester encore quelque temps, sur tout dans cette saison si rude et si incommode pour les voyages.

La lettre que je vous envoye, Monsieur, est de Monsieur Knorr de Rosenroth fils de feu Monsieur le directeur de Sulsbach, qui estoit vostre digne ami, et encore le mien. Ce jeune Monsieur Knorr est gentilhomme de la Cour de Wolfenbutel. Je voy par celle qu'il m'écrit en même temps, qu'il vous croyoit encore à Hanover, et il me fait sçavoir par ordre de Monseigneur le duc Antoine Ulric, que S.A.S. souhaiteroit de vous voir et entretenir. Je me souviens, de vous avoir dit icy, Monsieur, quoyque de moy même, que vous feriés sans doute un plaisir singulier, à ce Prince, si vous passiés chez luy. Et je voy de n'avoir pas mal deviné. Cependant vostre voyage de Berlin en aussi bonne compagnie que celle que vous avés eue, ne vous ayant pas permis d'aller cette fois à Wolfenbutel, j'espere que ce sera une autre fois, lors que vous repasserés chez nous. Je souhaitte, que vous le fassiés en bonne santé aussi tost que vostre commodité le permettra, et que nous puissions jouir de vostre conversation des années entieres. Madame l'Electrice de Bronsvic ne sçauroit recevoir un plus grand plaisir, puisque le Souvenir même du peu de temps, que vous avés esté icy luy est agreable. Il est vray, qu'elle sera toujours contente de le partager avec Madame l'Electrice de Brandebourg, qui n'a pas moins de goust pour les choses et pour les personnes excellentes.

Au reste je me rapporte à nos discours, et je seray bien aise d'apprendre que vous ayiés pris la resolution de communiquer bientost au monde quelques unes de vos belles et importantes pensées. Et je suise avec zele

Monsieur vostre tres humble et tres obeissant serviteur Leibniz

P.S. Si vous vouliés m'honnorer de quelques ordres pour Mr Knorr ou pour quelque autre sujet, Monsieur le Secretaire Heusch, qui est à Berlin de la part de nostre Cour le pourroit faire tenir.