FrenchJe Am Kopf der Seite mit Bezugnahme auf die Antwort in N. 54 von Leibniz' Hand: Je luy ay demandé de me renvoyer par M. Morel mes animadversions sur M. des Cartes. J'ay souhaitté aussi des nouvelles des posthumes de M. Hugens, et de mon Code par M. Morel. ne vous ai point ecrit Monsieur sur les demêlez que nos Libraires ont eus avec vous
pour vôtre Codex Diplomaticus, car vous avez pris d'autres voyes, et vous vous etes adressé
aux Puissances. C'est d'ordinaire le plus sûr, cependant si j'avois prevû que vous aviez dessein
de reduire les Libraires par l'autorité, je vous aurois adverti de la maniere dont les choses vont
ici, qui est bien differente de ce que vous avez crû. Ces M.rs là se seroient fort peu souciez des
defenses que vous auriez pû obtenir, et auroient mis vôtre livre en morceaux sans vous en faire
honneur. D'ailleurs je doute que les Etats eussent voulu en venir à empêcher le gain de leurs
sujets, sous pretexte qu'un Etranger a un interest opposé. Il ne falloit vous attendre qu'à des
honnêtetez, et à rien davantage. Ils pretendent que vôtre livre etant public, quiconque l'achete
en est le maitre pour en faire ce qu'il lui plaira, et que personne n'a droit de les en empêcher.
Aussi n'ont-ils pas voulu deferer aux exhortations qui leur ont eté faites de vous donner la
satisfaction que vous demandiez, et ils sont resolus de continuer leur plan, en suivant comme je
vous l'ai dit l'ordre chronologique. Mais vous Monsieur perseverez vous tousjours dans la
resolution de ne point entrer en composition avec eux? Il me semble que cela seroit infiniment
mieux, de joindre les pieces que vous avez ramassées à celles qu'ils ont deja. Le Public y
gagneroit, et vous mesme vous vous epargneriez la peine d'un receuil, où vous scavez vous
mesme qu'il y a plus de travail que de genie. Vous employerez plus utilement votre temps
ailleurs. Je pourois reprendre avec eux les mesmes conditions que je vous ai proposées de leur
part, et rentrer en traité avec vous sur le mesme pied. Si vous ne pouvez y consentir, ne trouvez
point mauvais du moins que je vous en importune une seconde fois; Et je vous promets de ne
vous en parler plus. Si [vous] voulez bien y faire reflexion, vous conviendrez sans doute que
leur plan avec le vôtre sera d'une utilité bien plus grande pour le public que l'un ou l'autre
separément. Or cette raison ne doit elle pas l'emporter sur vous qui avez tant travaillé pour
l'utilité publique, et qui faites gloire d'y contribuer. Si vous pouvez donc surmonter vos
premieres repugnances, ayez la bonté de vous expliquer sur les autres conditions; et s'il se peut
que j'aye l'honneur d'avoir arraché de vous cette complaisance.
Souvenez vous aussi s'il vous plaist Monsieur qu'il y a long temps que vous ne m'avez
fait l'honneur de me donner de vos nouvelles. J'ai inseré dans le quartier du Febv. inclusive
vôtre memoire touchant l'harmonie de l'âme et du corps, sans y joindre vôtre nom comme vous
l'avez souhaitté. Faittes moi part je vous en prie de ce qui se passe dans vos quartiers. On me
mande de Rome qu'on y travaille à la vie de la Reine de Suede: Et que l'auteur envoye les
feuilles en Allemagne à mesure qu'il les acheve, parcequ'il n'a osé les faire imprimer à Rome.
Vous jugez bien que cette vie sera remplie de circonstances bien singulieres. On m'a ecrit aussi
que Fritsch Libraire de Leipsick imprime aussi la vie de cette mesme Reine en latin. Vous devez
en être mieux informé que moi. J'ai recû d'Angleterre le plan des ruines de Tadmore que les
Anglois d'Alep sont allez devouvrir dans le desert. C'est à ce qu'ils pretendent la ville que
Salomon bâtit, et dont il est parlé au ch. 9 du I liv. des Rois v. 18. Les Grecs l'appellerent
Palmyre, et c'est là que la Reine Zenobie fut assiegée par l'Emp. Aurelien. La relation de leur
voyage est curieuse; mais les inscriptions qu'ils en ont apportées le sont encore davantage. Il y
a un autre livre à Londres composé par un jeune Irlandois qui y fait assez de bruit. Le titre vous
en fera comprendre le sujet Christianity not mysterious. Il pretend que Dieu ne peut rien nous
avoir proposé de mysterieux, ni d'incomprehensible à croire. Vous avez vû sans doute le livre
de M. Papin Prof. à Marbourg. Il n'a garde d'avoir manqué à vous l'envoyer, vous qui en
pouvez decider. C'est un receuil de 9 pieces dont la premiere est Antlia Hassiaca. M. le Clerc a
publié depuis un traitté des causes de l'incredulité. Cette matiere est bien entre ses mains. Un Un jeune ministre Darüber vermerkt Basnage: M. Coulan
jeune ministre qui est mort depuis 6 mois avoit laissés sous la presse un Examen de l'histoire
critique du N. Testament de M. Simon. Il y bat assez bien M. Simon qui critique mieux qu'il ne
raisonne. Le Dictionnaire de M. Bayle s'avance avec beaucoup de diligence. Il ne sera pourtant
achevé qu'à la fin de cette année. Je vous prie de croire que je conserve tousjours beaucoup
d'estime pour vous et que je suis tres sincerement
Monsieur Votre tres humble et tres obeissant serviteur Basnage de Bauval
Le 6 d'avril 1696
A Monsieur Monsieur de Leibnits Coner de Son A. El. A Hanover.