Series II Band 3 · No. 45.

CLAUDE NICAISE AN LEIBNIZ

Dijon, 16. Februar 1696. [39.50.]

French

Dijon le 16. Fever 1696

Je Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand~~: Mes remarques sur la vie de M. des Cartes, et celles de M. Hugens pour M. Huet; l'Abbé Gondi, wegen diplomata. vous repons monsieur dans le moment que Je reçois vostre agreable lettre après avoir *ecript à monsr de Spanheim et à monsr Morel, Je l'aurois faict aux uns et aux autres dés le commencement de cette année si j'avois recû le specimen que j'attendois de jour à autre, et si* *ma santé me l'avoit permis qui n'a pas esté bonne depuis que Je suis de retour de la campagne; Que vous me dites de belles choses de mr Gudius, et que mr Leers a grand tort de refuser comme il faict d'imprimer le receüil de ses inscriptions; mr Fabretti en a aussi un grand receüil qu'il y a long tems qu'on attend. Il est aägé et ne se presse pas beaucoup pour les donner; Je luy ecriray mardi prochain et «je» luy parleray de nostre bon amy et le sien l'eminenme Noris auquel je feray part de vostre epigramme sur sa promotion; mr Jemes s'est fort acquitté de son devoir par l'exactitude qu'il a eüe de mettre d'abord à son arrivée à Paris le specimen que vous luy* *aviés donné aux carosses de Dijon; mais il ne s'estoit point avisé de m'envoyer un mot d'avertissement comme il devoit faire, ce qui a esté cause qu'il a demeuré long tems au bureau et que c'a esté par un miracle que J'ay sçû qu'il y estoit.

J'ay mandé à mr Foucher qu'il me fit part des particularités qu'il vous avoit envoyées sur monsr Lantin; mais je voys bien qu'il ne vous a point ecript là dessus. Il ne scauroit vous rien dire que ce que j'en ay dict. Il n'en scait pas tant que moy; tout ce qu'il aura pu vous dire c'est qu'il invita mr Lantin de luy parler du têms de Carneades et qu'il fit mettre dans le journal* *l'epoque de ce philosophe avec sa reponse sens attendre le sentiment sur cela de mr Lantin qui m'a dict qu'il ne luy avoit point temoigné qu'il mit cela dans le journal; monsr Foucher travaille* *presentement à la traduction des livres de St Augustin contre les academiciens pour les accompagner de ses notes. L'on est peu content en Hollande de ce qu'on a mis dans nostre Journal sur mr Lantin et Saumaise. Cette Raillerie n'a point plu à monsr de Saumaise le fils qui* *m'en a ecript aussi bien que mr Cuper amy de mr Lantin; Je m'en suis plainct ces jours passés à monseigr d'Avranches qui estoit aussi fort amy de mr Lantin aussi bien que de monsr Saumaise, et je luy ay dit qu'il falloit qu'il fit ma paix avec mr Toinard, mr le president Cousin et une autre personne qui me grondoit sens suject, autrement que je m'en plaindrois hautement. Je luy faict[s] un assés long recit de mes plaintes et Je luy dits pour l'en dedommager une nouvelle qui l'aura diverti. Elle le regarde un peu car elle regarde les pp. Jesuites de la maison professe de Paris où il demeure presentement au dessus de l'appartement du p. de la Chaize; Il fault monsr vous en faire part pour vous divertir aussi; mr Bayle m'ecrivoit il y a quelques jours qu'il paroissoit un livre intitulé Les pp. Jesuites de la maison professe de Paris en belle humeur.* *Vous avés luy[,] dis je[,] monseigr quelque part à ce livre; vos pp. de la maison professe n'ont plus rien à reprocher au p. de la Chaize[.] Les voilà «à deux desia»; nous ne convenons pas neanmoins à Dijon de tout ce qui se dit de ce pere dans sa vie qui a parû depuis peu; ce sont faussetés toutes pures [de] ce qu'on l'accuse d'avoir faict icy; il pourra peutestre en estre de meme à l'egard des pp. de la maison professe. Ces peres ne scauroient neanmoins se deffendre du peché philosophique, qu'ils sont venûs enseigner dans un coing de province; c'est ainsy qu'il plaist au p. Bouhours d'appeller nostre ville de Dijon et de nous traicter en Allobroges; cependant il n'i a guere de ville en France où l'on ayme plus les belles lettres, et où les muses et la musique soient en plus grande veneration. Vous pourrés faire part de cette nouvelle à mr Morel. Son bon amy le p. Joubert est du nombre de ces pp. et demeure avec eux dans cette maison professe; Je croy monsr qu'on vous a envoyé l'histoire des 4 gordiens, J'ay recomandé* *à l'auteur d'en donner un exemplaire pour vous à mr de Brosseau. Mr Galland nostre amy a repondû à cette histoire et je luy ay mandé d'en donner à mr de Brosseau pour vous et pour messrs Morel et Spanheim. Je suis du meilleur de mon coeur tout à vous

Nicaise Pour vous Monsieur. Auf Bl. 56 vo von Leibniz' Hand eine gestrichene Bemerkung: J'ay poussé un de mes amis à donner un Glossarium Saxonicum