Series II Band 3 · No. 189.

CLAUDE NICAISE AN LEIBNIZ

Is sur Tille, 23. November 1698. [184.195.]

French

Is sur Tille le 23. 9bre 1698

Je Am Kopf des Briefes von Leibniz' Hand: respondi ne suis pas monsieur du sentiment de deffunct monsr Foucher nostre amy, qui n'estoit pas content, si l'on n'estoit du sien; Il fault laisser la liberté à un chacun de croire ce qui luy plaist, et surtout à nos amis, sens que cela diminüe en rien de l'amitié que nous leur avons voüée, s'ils ne sont pas du nostre; il faudroit dans un état bien policé laisser tout le monde dans cette liberté; et c'estoit la pensée de mons. Pelisson qui avoit grande envie de l'etablir avant sa mort; ainsy monsr je ne suis pas moins vostre amy que celluy de mr Morel si vous prenés le parti de monsr de Cambray plutost que celluy de mr de Meaux: nous scaurons à quoy nous en tenir sur la fin du mois où nous sommes; car l'on me mande de Rome qu'en ce tems là on espere la decision de ce different; il fault en attendant vous faire un peû de part des nouvelles qu'on m'en a ecrit le mois d'octobre dernier; elles vous seront monsr d'autant plus agreables que la derniere vous regarde, où il est parlé de vous dans un gros ouvrage de deux vol. in folo qui est deja beaucoup avancé d'impression. Vous excuserés les fautes du copiste de l'extraict que je vous envoye, qui est mon vallet peû corrêct; J'ay esté contraint de l'employer pour cela me trouvant un peu indisposé extraordinairement de mes disuries.

Monsr d'Avranches est maintenant à Paris depuis 15 jours fort courtizé des scavants et de ses amis et surtout de mons. de Spanheim qui estoit chagriné de ne l'avoir point trouvé a Paris; Je luy ay fait scavoir ce que vous m'avés mandé de la traduction en francois des lettres Espagnoles du fiscal Vargas et de la preface qui y paroist de monsr Le Vassor, jadis prestre de l'oratoire.

Je luy ay mandé aussi qu'un Holla«ndois» ecrivoit contre luy sur la situation du paradis terrestre, dont l'on m'envoyera l'ouvrage si tost qu'il paroistra.

Je croy que vous aurés veû un madrigal de mr l'abbé Bosquillon nostre amy sur la naissance du prince de Modene. Il y fust envoyé vers le mois de juillet dernier à une dame de beaucoup de merite qui vouloit en faire sa cour.

Vous ne m'avés point accusé la reception de la lettre de mr le president Boisot que je vous ay envoyée où il vous retablissoit et vous parloit du moins du nouvau memoire que vous desiriés. Je m'estonne de ne point recevoir des nouvelles de Rome du p. Bonjour sur la lettre que je luy ay envoyée de monsr Ludolfe.

Je crois vous avoir mandé dans ma derniere que mr Zagaigna Bibliothecaire du Vatican nous donnoit un second volume d'Anecdotes de cette Bibliotheque et qu'il nous donneroit après cela l'histoire des Manicheens.

Le 2d volume de musivis de monsigre Ciampini demeure imparfait par sa mort.

L'on ne faict rien de considerable à Paris; l'amour pur et desinteressé en est cause, qui partage les esprits et les occupe aux despens des belles lettres qui en patissent. Je suis monsr du meilleur de mon coeur tout à vous

Nicaise