Series II Band 2 · No. 59.

LEIBNIZ AN ANTOINE ARNAULD

[Hannover, 9. Oktober 1687.] [58.60.]

French

Monsieur

Voicy Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: Lettre à part à Mons. Arnaud à la quelle le discours precedent a esté joint. la reponse à vos dernieres objections qui est devenue un peu longue, parce que je me voulois expliquer exactement, et ne laisser rien en arriere de vos doutes. J'ay inseré souvent vos propres paroles, ce qui a encor contribué à la grossir. Comme j'avois établi toutes ces choses il y a long temps, et prevenu si je l'ose dire la pluspart des objections, elle ne m'a couté presque point de meditation, et il ne me falloit que de me decharger des pensées sur le papier, et les relire par après. C'est ce que je dis, Monsieur, à fin que vous ne me croyiés pas fort enfoncé dans ces choses au depens d'autres soins necessaires. Vous m'avés engagé vous même à aller si loin, en me faisant des objections et des demandes, aux quelles j'ay voulu satisfaire tant à fin de profiter de vos lumieres, qu'à fin de vous faire connoistre ma sincerité à ne rien deguiser.

Je suis apresent fort occupé à l'Histoire de [la] Sme Maison de Bronsvic, j'ay vû plusieurs Archifs cet esté, et je vay faire un tour dans la haute Allemagne pour chercher quelques monumens.

Der Absatz in Kleindruck wurde von Leibniz, ohne ihn gestrichen zu haben, durch das ihm Folgende ersetzt.

J'ay lû la Remarque de M. l'Abbé Catelan dans les Nouvelles de la Republique des Lettres du mois de juin, et je trouve que vous avés deviné ce qui en est, en disant que peutestre il n'a pas pris mon sens. Il l'a si peu pris, que c'est une pitié. Je vous communique icy ma reponse, qui sera peutestre inserée dans les Nouvelles de la Republique des Lettres. Ainsi nous nous sommes encor à recommencer, et j'ay fait une faute en repliquant à sa premiere reponse, je devois simplement dire, qu'elle ne touchoit point mon objection, et luy marquer les endroits aux quels il faut repondre comme je fais maintenant. Voilà ce que c'est que d'avoir à faire à des gens, qui n'approfondissent les choses. Dieu nous garde d'un tel Antagoniste en morale ou en Metaphysique pour ne rien dire de la Theologie ou de la Jurisprudence. Il n'y auroit pas moyen de sortir d'affaire. J'ay adjouté dans ma reponse un probleme mecanique qui se peut reduire à la Geometrie mais il faut user d'adresse, et je verray si M. Catelan y osera mordre. ll me semble qu'il n'est pas des plus forts. Et je m'estonne de voir que parmy tant de Cartesiens il y en a si peu qui imitent M. des Cartes en tachant d'aller plus avant. Cela ne m'empeche pas que je ne souhaitte d'apprendre vostre sentiment sur mes eclaircissemens, lorsque vostre commodité le permettra, aussi bien que sur ma reponse à M. l'Abbé Catelan que je vous envoye icy, d'autant qu'elle est courte et à mon avis demonstrative, pourveu qu'on se donne tant soit peu d'attention.

Car il est demonstratif, que les vistesses que les corps ont acquis en descendant sont comme les racines quarrées des hauteurs dont il sont tombés. Or si on fait abstraction des resistances exterieures, un corps peut precisement remonter à la hauteur dont il est descendu; donc si ce M. l'Abbé Catelan ne s'y prend pas mieux que jusqu'icy, ce n'est pas de luy qu'il faut attendre l'eclaircissement de cette matiere. Je souhaiterois que vous y puissiés donner un moment d'attention serieuse, vous seriés peutestre surpris de voir, qu'on a supposé pour un principe incontestable, ce qui est si aisé à renverser.

II.  SÜDDEUTSCHLAND, WIEN UND ITALIEN  November 1687 ─ Juni 1690