FrenchMonsieur
Voicy Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: Lettre à part à Mons. Arnaud à la quelle le discours precedent a esté joint. la reponse à vos dernieres objections qui est devenue un peu longue, parce que je
me voulois expliquer exactement, et ne laisser rien en arriere de vos doutes. J'ay inseré souvent
vos propres paroles, ce qui a encor contribué à la grossir. Comme j'avois établi toutes ces
choses il y a long temps, et prevenu si je l'ose dire la pluspart des objections, elle ne m'a couté
presque point de meditation, et il ne me falloit que de me decharger des pensées sur le papier, et
les relire par après. C'est ce que je dis, Monsieur, à fin que vous ne me croyiés pas fort enfoncé
dans ces choses au depens d'autres soins necessaires. Vous m'avés engagé vous même à aller si
loin, en me faisant des objections et des demandes, aux quelles j'ay voulu satisfaire tant à fin de
profiter de vos lumieres, qu'à fin de vous faire connoistre ma sincerité à ne rien deguiser.
Je suis apresent fort occupé à l'Histoire de [la] Sme Maison de Bronsvic, j'ay vû plusieurs
Archifs cet esté, et je vay faire un tour dans la haute Allemagne pour chercher quelques
monumens.
Der Absatz in Kleindruck wurde von Leibniz, ohne ihn gestrichen zu haben, durch das ihm Folgende
ersetzt.
J'ay lû la Remarque de M. l'Abbé Catelan dans les Nouvelles de la Republique des Lettres du mois de juin,
et je trouve que vous avés deviné ce qui en est, en disant que peutestre il n'a pas pris mon sens. Il l'a si peu pris,
que c'est une pitié. Je vous communique icy ma reponse, qui sera peutestre inserée dans les Nouvelles de la
Republique des Lettres. Ainsi nous nous sommes encor à recommencer, et j'ay fait une faute en repliquant à sa
premiere reponse, je devois simplement dire, qu'elle ne touchoit point mon objection, et luy marquer les endroits
aux quels il faut repondre comme je fais maintenant. Voilà ce que c'est que d'avoir à faire à des gens, qui
n'approfondissent les choses. Dieu nous garde d'un tel Antagoniste en morale ou en Metaphysique pour ne rien
dire de la Theologie ou de la Jurisprudence. Il n'y auroit pas moyen de sortir d'affaire. J'ay adjouté dans ma
reponse un probleme mecanique qui se peut reduire à la Geometrie mais il faut user d'adresse, et je verray si
M. Catelan y osera mordre. ll me semble qu'il n'est pas des plus forts. Et je m'estonne de voir que parmy tant de
Cartesiens il y en a si peu qui imitent M. des Cartes en tachant d'aller plus avant.
Cela ne m'empeche pas que je ne souhaitte d'apprendre vostre sentiment sur mes eclaircissemens,
lorsque vostre commodité le permettra, aussi bien que sur ma reponse à M. l'Abbé
Catelan que je vous envoye icy, d'autant qu'elle est courte et à mon avis demonstrative,
pourveu qu'on se donne tant soit peu d'attention.
Car il est demonstratif, que les vistesses que les corps ont acquis en descendant sont
comme les racines quarrées des hauteurs dont il sont tombés. Or si on fait abstraction des
resistances exterieures, un corps peut precisement remonter à la hauteur dont il est descendu;
donc si ce M. l'Abbé Catelan ne s'y prend pas mieux que jusqu'icy, ce n'est pas de luy qu'il
faut attendre l'eclaircissement de cette matiere. Je souhaiterois que vous y puissiés donner un
moment d'attention serieuse, vous seriés peutestre surpris de voir, qu'on a supposé pour un
principe incontestable, ce qui est si aisé à renverser.
II. SÜDDEUTSCHLAND, WIEN UND ITALIEN
November 1687 ─ Juni 1690