Essais de Théodicée — Index

GerhardtFrench

Le nombre est celuy du Paragraphe de l'ouvrage, mais celuy qui est precedé immediatement de la lettre D, marque le Paragraphe du Discours Preliminaire. On a omis dans ce Registre ce qui est plus eloigné de la matiere.

Action 32. 66. son principe 323. action des creatures 299. 300. 381. 399. combattue et defendue 386. seqq. actions viennent des substances 400.

Ame, son origine 86. seqq. 397. son immortalité D. 11. son union avec le corps 400. son influence sur le corps (D. 55.) 59. seqq. 65. voyés Harmonie préetablie. Les loix de son union avec le corps ne sont point arbitraires 130. 352. 354. Ames humaines ne sont point semblables en tout 105. comment elles sont dans les semences 86. 397. ame universelle D. 7. seqq. D. 11.

Arbitraire. Dieu n'a point determiné arbitrairement ce qui seroit bien ou mal, juste et injuste 176. les loix de la nature 130. (voyés Pouvoir arbitraire) la verité 185. la justice 186.

M. Arnaud 203. 211. 223.

S. Augustin 82. 283. 287. 370. ceux qu'on appelle ses disciples 280. 283.

Augustiniens 330.

L'Auteur 211. sa regle de la composition des mouvemens 22. ses loix du mouvement 345. son systeme v. Harmonie préetablie.

M. Bayle combat la raison D. 46. combat la distinction entre contre et au dessus de la raison D. 63. varie D. 84. loué D. 86. combattu 135. ses objections 107. seqq. loué et blâmé 353.

Bestes, leur ames 89. leur bien ou mal 250. comment elles imitent la raison D. 65.

Bien (v. Mal) comprend un etat sans mal 251. caché dans le mal 260. plus estimable par le mal 12. 13. s'il prevaut au mal 13. 123. 148. 217. 219. seqq. 251. 253. 258. seqq. 262. seqq. ses especes 209. (voyés Mal et ses especes) bien metaphysique 118. 119. 209.

Bons quelques fois malheureux 16. 205.

Bonté de Dieu 116. 117. conferée avec sa puissance 77. 135. v. Perfections.

Buridan, son âne 49. 306. 307. v. Indifference d'equilibre.

Calvin n'est pas tout à fait contre la realité dans l'Eucharistie D. 18. admet dans l'Election des raisons conformes à la justice 79. 115. 176. 338.

Des Cartes semble admettre l'insolubilité des objections D. 68. D. 70. ne parle pas juste de la liberté 50. 292. son opinion sur l'union de l'ame et du corps 60. veut que la verité soit arbitraire 180. parle comme si Dieu vouloit le peché 164.

Causes, leur enchainement 43. 53. 330. utiles 55. 369. finales et efficientes font comme deux regnes 247. occasionnelles, leur systeme est miraculeux 61. seqq.

Certitude 371. voyés liberté, distinguée de la necessité.

Choix a tousjours sa raison, se trouve partout. v. Determination.

Chrysippe 168. 169. 170. 209. 331. 332. 334.

Ciceron 168. 331. 362.

Circonstances contribuent au salut 99. seqq. 105. 134.

M. le Clerc (D. 85.) 17. 188.

Le Comment inexplicable dans les mysteres (D. 54.) 145.

Comprendre plus difficile que soutenir contre les objections D. 5. D. 57. on comprend ce qu'on prouve à priori D. 59.

Concours de Dieu est de donner les perfections 377. son concours au mal 1. 3. au peché 377. (v. Peché et son auteur) son concours moral 4. 103. 107. seqq. 121. 131. physique 27. seqq.

Connoissance, si elle est necessaire pour la production 188. 401. 403.

Conservation (v. Creation continuée) 27. 28. 385.

Contents, preferables 15. 134. 254. s'il y a moyen de l'être 255.

Contingence 302. 365. Contingens ont leur origine d'un être necessaire 7. contingens futurs determinés 36. 37. parce qu'ils sont convenables 121. 122. (v. Necessité morale) conditionnels 41.

Continuité comment composée D. 70. sa loy 348.

Convenable est moyen entre necessaire et arbitraire 345. 349.

Creation Continuée 382. 385. v. Conservation.

Creatures, leur imitation 20. 30. 32. 377. 389. (v. Imperfection originale) ne font jamais des esprits purs 125. leur action contestée 386. seqq. intelligentes, combien Dieu veut leur bonheur 118. 119. 120.

Damnation eternelle 133. 266. seqq. des enfants (D. 39.) 92. 93. 283. de ceux qui manquent d'instruction 95.

Damnés 17. 113. 133. 270. seqq.

Decrets de Dieu et leur ordre 3. 52. 84. ne necessitent point 365. un decret unique pour l'univers 52. Decret absolu 182. est fondé en raisons 79.

Despotisme v. Pouvoir arbitraire.

Destin, fondé en raisons 121. 228. 231. non au dessus de Dieu 190. 191. destin à la Turque 55. 59. 367. neglige les causes et detruit la moralité 369. v. Terme fatal.

Determination. Voyés Indetermination, liberté, contingens, certitude, raison, indifference. Raison determinante se trouve par tout 36. 43. 44. 48. 52. 54. 196. 201. 304. seqq. 309. 360. determination par les causes est utile 369. vient en nous de l'interieur et de l'exterieur pris ensemble 371. se faisant par la raison nous approche de Dieu 318.

Diable, Dieu de ce monde 18. sa puissance 136. sa cheute 18. si marquée dans l'Apocalypse 274. traitant avec Dieu par un Anachorete 271.

Dieu, voyés justice, concours, decrets, perfections, permission, liberté, volonté, science, sagesse. est infini 225. n'est point l'ame du monde 195. 217. son existence contestée 188. prouvée 7. il donne les perfections 377. la nature ne suffit point sans luy 350. s'il est le seul acteur 386. seqq. s'il est plus prince ou principe 247. ne sauroit être indeterminé en rien 337. est au dessus de l'interest 217. confiance en luy 58. comment il doit être justifié (D. 34. seqq.) 145. ses raisons cachées mais bonnes 338. ses bienfaits cachés 260. comment il veut le mal 23. n'est point cause du peché 135. Dieux blâmés des Payens 260.

Election a tousjours ses raisons 309. 358. tirées de l'objet 104. si elle se fait à cause de la foy 83. allant au delà on ne trouve point de regle que nous puissions reconnoitre 104. s'il faut se croire elu 107. v. Predestination.

Epicure 109. 168. 321.

Equivoque dans les termes 280. seqq. 367.

Esclavage opposé à la liberté 289. 295.

Exceptions (v. Volontés particulieres) le sage n'agit point par exceptions primitives, mais par regles ou principes 337.

Fatalité v. Destin.

Formes 323. 381. leur origine 87. formes possibles sont la source du mal 20.

Foy a ses motifs (v. Motifs de credibilité) est comparée avec l'experience D. 1. n'est combattue que par des apparences (D. 43) est contre les vraisemblances D. 28. D. 34. D. 79. (D. 82.) 85. 243. se peut soutenir contre les objections D. 5. est contraire seulement aux verités positives et à la necessité physique D. 3. est conforme avec la Raison (D. 1. seqq. partout) 61.

Futurition 36. 37.

Futurs v. Contingens.

Godescalc 82. 272.

Grace, ses aides 40. 80. 85. 113. 126. 134. Grace congrue (v. Circonstances) grace ne necessite point 279. preferable à la nature 316. grace suffisante si donnée à tous 5. 95. 115. 134. suffisante occulte 95. 283. efficace par elle même 283.

Harmonie des choses 9. 12. 74. 130. des esprits 5. 13. harmonie universelle (D. 44.) 18. 62. 119. 124. 200. des regnes de la nature et de la grace 18. 110. 340. v. Punition naturelle. harmonie préetablie D. 18. (D. 26.) 18. 62. 188. 288. seqq. 353. dans les bienheureux 310.

Hobbes 72. 172. 220.

Homme, si tout est pour luy 194. 372. (v. Creature intelligente) peut être surpassé par d'autres animaux intelligens 341. n'est pas tant mauvais 220. peut devenir plus parfait 341. si coupable avant la volonté 5. comment il se distingue devant Dieu 103. 104. s'aide de la grace en resistant moins 269. homme microcosme 147. condition humaine si tant à plaindre 13. 14. corps humain si fragile et si durable 15.

Jansenius 367.

Jansenistes 280. 370.

M. Jaquelot 63. 160. 268.

Imperfection (v. Mal metaphysique) originale 20. 156. v. Peché et sa source.

Impossible, pris diversement 280. seqq. s'il comprend tout ce qui n'existe jamais 163. 168. 171. seqq. 235.

Inclination non necessitante v. Necessité.

Indifference (v. Liberté) 302. 324. distinguée de l'indetermination 369. indifference trop grande nous deplait 318. indifference d'equilibre fausse 35. 46. 48. 132. 175. 176. 232. 303. 320. 365. sans exemple 367. seroit mauvaise et absurde 312. impossible 313. (v. Buridan.)

Infini (D. 69. D. 70.) 225. actuel veritable 195. n'est pas un tout 195.

Instinct 403. melé avec la raison 310. encor dans les bienheureux 310.

Justice fondée dans la nature des choses 182. seqq. 240. (voyés Arbitraire) vindicative (v. Punition) justice de Dieu D. 34. seqq. n'est pas sans regles et raisons (D. 37. D. 38.) 177. seqq. exclut le despotisme v. Pouvoir arbitraire. justice de Dieu par rapport au mal 1. justifiée 16. 106. si elle fait pecher pour pouvoir punir 166.

M. King de l'origine du mal 240. 358.

Liberté (v. Contingens, prescience, inclination, volonté, spontaneité, indifference, necessité) difficultés qu'elle souffre 2. 36. reponses 6. seqq. ses requisits 302. exemte de la necessité 34. si elle est prouvée par le sentiment interne 292. 293. 299. liberté d'indifference comment vraye 323. n'est pas ôtée par l'impression du bien 45. servir à la raison est liberté 228. consiste avec la determination et avec la certitude 36. 43. 45. 199. si elle a un empire sur la Volonté 327. 328. (voyés Volonté, si elle veut vouloir) liberté en Dieu 110. 232. entant qu'elle est une perfection 337. comment elle est dans les bienheureux et dans les damnés 269. est comme un empire dans l'empire de Dieu 372. n'est pas detruite par le concours de Dieu 34. ny par les impressions d'en haut 297. est la cause du peché 277. 278. 288.

Luther, de la philosophie D. 12. n'est point contre la raison D. 49. D. 67. D. 86.

Mal, son origine 1. 20. vient des formes possibles 20. 156. 288. 335. qui sont dans l'entendement et non dans la volonté de Dieu 149. 151. son principe v. Principe mauvais. causé par le diable 273. 275. vient par nostre faute 264. mal privatif (v. Privation) mal dans la partie (v. Tout) mal ne doit pas être trop regardé 13. 15. n'est point necessaire 10. le moins bon preferé au plus grand bien, est un mal 8. 194. mal requis au meilleur 9. 145. 149. 155. faisant un plus grand bien 10. 11. 114. 165. 211. 239. 334. mal cachant son bien 260. mal arrivant par concomitance avec le meilleur 237. 239. 336. s'il prevaut au bien 13. (v. Bien) même dans la vie future 17. le plaisir excessif est un mal 252. 259. Especes du mal 1. 21. 209. Moral, physique, metaphysique 241. mal moral (v. Peché) source du physique 26. mal metaphysique 118. 119. 209. (v. Imperfection).

Le P. Malebranche 185. 203. 204.

Manichéens 136. v. Principe mauvais.

Mathematique employée icy 8. 18. 22. 30. 212. 214. 224. 234. 241. 242. 384.

Matiere, son inertie 30. 347. ses defauts 370. 380. 382. n'est pas l'origine du mal 20. 335. 379. 380.

Meilleur tousjours choisi de Dieu 8. 23. 117. 119. 129. 130. 193. seqq. 197. 200. 201. 203. 208. 218. 223. seqq. 228. 339. 341. autant qu'on le pourroit souhaiter si on le pouvoit connoitre 123. 135. 201.

Miracles (v. Foy) 248. 249. leur degrés D. 3. ne sont point detruits par la determination des choses 54. en quoy opposés au naturel 207. sont dans l'ordre des volontés generales 207. ne cessent point par une loy generale 354.

Molina 30. 135.

Molinistes 48. 330. 361. 370.

Monde (v. Univers) si necessaire 189. n'est point animé 105. mondes possibles 42. 413. 416. vient d'une cause intelligente 188.

Motifs de credibilité D. 1. D. 5. D. 29.

Moyen contient une partie des fins dans le sage 208. le mal moral n'est pas un moyen (v. Peché).

Mysteres (v. Foy, Miracles) leur comment D. 54. s'il y en a dans la religion D. 60. la preuve par la raison D. 59.

Nature, ses loix ne sont point arbitraires ny necessaires, mais convenables 130. 208. sans Dieu ne suffit point 350.

Necessaire (v. Contingent, Impossible) pris diversement 280. seqq. Etre necessaire cause des autres 7. necessité distinguée de la certitude 371. ne suit point des decrets 365. ny de l'inclination prevalente 34. seqq. 43. 53. 230. 302. n'est point dans les impressions de la grace ou de la corruption 279. necessité sage vaut mieux qu'indifference absurde 339. si elle detruiroit la moralité 67. 71. la louange 75. ses especes 168. 174. hypothetique et absolue 37. 53. 67. logique, metaphysique ou geometrique opposée à la Physique et à la morale D. 2. D. 20. necessité morale 121. 132. 175. 208. 231. 234. 237. n'est point contraire à la liberté 199. cette necessité de vouloir le bien est heureuse 312. 319. 343. la necessité brute est opposée à la liberté 371.

Notions communes doivent être conservées (D. 4. D. 38. D. 55.) 177.

Objections, leur utilité D. 26. D. 40. y repondre est moins que prouver sa these D. 58. D. 72. s'il est necessaire d'y repondre (D. 26. D. 40. D. 83.) la reponse est tousjours possible même à l'égard de celles qui se font contre la foy D. 5. D. 24. seqq. D. 39. D. 66. D. 68. D. 70.

Ordre depend des regles 359.

Organiques, leur formation 91 (v. Semences).

Partie (voyés Tout) ce qui y est contraire l'est au tout D. 61.

S. Paul n'est point pour le pouvoir arbitraire de Dieu 179.

Pechés (v. Mal, Concours au peché) son origine 156. vient de l'imperfection originale des creatures 288. son auteur 135. s'il étoit evitable 155. 160. n'est point necessaire 407. vient de la liberté 277. 278. 288. n'est pas un moyen pour obtenir le bien 23. 25. 158. 166. 230. peché heureux 10. 11. peché comment desagreable à Dieu 114. 117. 125. 151. permis par concomitance à la faveur du meilleur 237. 239. comment Dieu y contribue 99. 161. 162. Dieu ne le veut pas 158. 163. 164. 166. il ne le permet pas pour pouvoir pardonner et punir 239. peché originel 86. seqq. sa propagation 91. 112. s'il damne 92.

Pensées confuses et distinctes 124. 310. sourdes 311.

Perceptions representent les objets non arbitrairement mais naturellement 344. 352. 355.

Perfection vient de Dieu 22. 29. 31. 66. 377. sentie dans le plaisir 357. perfections de Dieu 226. comparées 247. il faut conserver tant sa bonté que sa grandeur, puissance et sagesse 333. (v. Bonté) tant sa perfection morale, que sa perfection metaphysique 77.

Philosophie conforme avec la Theologie D. 1. seqq. par tout D. 6. en quel etat autres fois D. 6. d'un livre qui la fait interprete de l'Ecriture D. 14. celle des Sociniens D. 16.

Plaisir est le sentiment d'une perfection 357. plaisir de la grace opposé au mondain 278. dans la victoire sur une grande difficulté 329. trop grand est un mal 252. 259. plaisirs de l'esprit durables 254.

Possible 74. v. Impossible. Conflit des possibles pour exister 201.

Pouvoir pris diversement 282.

Pouvoir arbitraire, son exercice contraire à la justice divine 6. 79. 167. 176. 180.

Predetermination v. Determination.

Praedestinatus, fur praedestinatus, livre, 167.

Predestination (voyés determination, provision, causes, choix, election, terme fatal, destin) sa controverse en quoy fondée 78. gratuite 103. 104. n'est pas sans raisons 79. 104. s'il y en a au mal 81. 82. 167.

Preformation v. Organiques.

Prevision 37. 38. ne necessite point 365. provision par les causes 330. 361. 368. par les decrets 363.

Principe exprès, peu propre à expliquer les phenomenes 152. Principe mauvais (v. Manichéens, Zoroastre) (D. [1]37.) 26. 120. 136. seqq. 152. 154. 156. 199. 379. principes (v. volontés generales, exceptions) le sage agit tousjours par principes 337. principes negligés dans les consequences 339.

Privation dans le mal 20. 27. 32. 33. 153. 378.

Punition, sa justice ne depend point de l'origine de la mechanceté 264. si elle a lieu quand elle ne sert plus 70. 73. 74. 126. doit être evitée si cela se peut 125. naturelle 112. 126. punitions cachées 119.

Raison, enchainement des verités D. 1. louable D. 80. comment conforme avec la foy D. 1. seqq. per totum, combattue D. 4. D. 6. seqq. ce qui est au dessus et ce qui est contre D. 23. D. 60. D. 63. seqq. D. 66. combien le bonheur la passe 316. 317. Raison determinante se trouve par tout 44. v. determination. Raison est en Dieu eminemment 192. Rationaux, espece de Theologiens D. 14.

Regles v. volontés generales, exceptions, principes, ordre.

Regnes des finales et des efficientes 247. de la nature et de la grace 18. v. harmonie.

Reprouvés, comment ils devroient prier selon quelques uns 272. prieres pour eux 272.

Royaume de Dieu, sa grandeur 19. 122. 130.

Sagesse de Dieu, sa hauteur 134. 179. paroit dans ce que nous en pouvons connoitre 134. 145. v. meilleur.

Sainteté de Dieu 151. v. peché desagreable à Dieu.

Science de Dieu de trois sortes 40. seqq. combattue 192. science moyenne 39. seqq. 47. 94. 102. selon Gregoire le Grand 267.

Semences renferment les corps organiques 91. et les ames 397.

Sfondrat (Cardinal) 11. 92.

Socinianisme 386.

Sociniens, leur philosophie D. 16. sont contre la justice vindicative 74. nient la prevision 364.

Spinosa 173. 174. 372. 373. 376. 393. son sentiment sur l'ame D. 9. il n'est point auteur du livre de l'Interprete de l'Ecriture D. 14.

Spontaneité 34. 59. 64. non seulement apparente 298. perfectionnée par l'harmonie préetablie 288. seqq.

Stoïciens 217. leur ame du monde D. 9. moins pour la necessité qu'on ne croit 331.

Straton philosophe 187. 188. 351.

Substance creée distinguée des accidens 32. 390. 391. 392. agit 393. 400. ne commence que par creation 396. a un corps organique 125.

Supralapsaires 82. 167. 229. 238. 239.

Terme fatal de la vie 56. de la penitence 57. v. destin.

Terne, fiction de son Ange president 18. changement de son globe 244. 245.

Theologie, conforme avec la philosophie D. 1. seqq. per totum, particulierement D. 6. D. 12. D. 14. D. 17. naturelle et revelée 76. 115. Astronomique imaginée 18. Theologiens rationaux D. 14.

Thomistes 39. 47. 330. 370.

Tout, au bien dans le tout peut contribuer un mal dans la partie 128. 199. 211. 212. seqq. la beauté souvent ne paroit que dans le tout 146.

Traduction des ames (v. ame) 88. comment raisonnable 397.

Varieté dans les biens 124. requise 246.

Verité, sa source en Dieu 184. non arbitraire 185. verités eternelles (D. 2) 184. 190. 191. positives D. 2. v. nature et ses loix.

Vertu tend à la perfection 180. vertus humaines 15. 259. des payens 283.

Univers (v. monde) ce que c'est 8. existant 10. sa grandeur 19. s'il croit en perfection 202. universalisme (v. volonté de sauver tous) universalité des dogmes 90.

Volonté (v. liberté) va au bien en soy 154. 191. 240. sans être necessitée par le bien 230. (v. necessité) si elle est determinée par l'entendement 51. 309. 310. 311. comparée avec une balance 324. avec ce qui fait effort de plusieurs côtés 325. si elle veut vouloir 51. 234. 301. 326. 404. celle de Dieu va au vray bien 8. 29. 80. 116. 149. celle de sauver tous 80. 133. 134. (v. creatures intelligentes, punition evitée) volonté prise diversement 282. pleine ou moins pleine 127. 134. antecedente et consequente 22. 81. 114. 119. 222. du signe et du bon plaisir 162. generale et particuliere de Dieu 204. seqq. 241. volontés generales (v. principes) de Dieu si necessaires 358. ne font point cesser les miracles 354. 355. volontés particulieres (v. exceptions) primitives ne sont point dans le sage 337. dependent tousjours des loix ou regles 358 (v. regles).

Wiclef 172. 235.

Zoroastre 136. seqq.

APPENDICES.

Abregé de la Controverse reduite à des Argumens en forme.

Quelques Personnes intelligentes ont souhaité qu'on fit cette addition, et l'on a deferé d'autant plus facilement à leur avis, qu'on a eu occasion par là de satisfaire encor à quelques difficultés, et de faire quelques remarques qui n'avoient pas encor eté assés touchées dans l'Ouvrage.

I. Objection.

Quiconque ne prend point le meilleur parti, manque ou de puissance, ou de connoissance, ou de bonté.

Dieu n'a point pris le meilleur parti en creant ce monde.

Donc Dieu a manqué de puissance, ou de connoissance, ou de bonté.

Reponse.

On nie la Mineure, c'est à dire la seconde premisse de ce syllogisme, et l'adversaire la prouve par ce

Prosyllogisme.

Quiconque fait des choses où il y a du mal, qui pouvoient être faites sans aucun mal, ou dont la production pouvoit être omise, ne prend point le meilleur parti.

Dieu a fait un monde où il y a du mal; un monde, dis je, qui pouvoit être fait sans aucun mal, ou dont la production pouvoit être omise tout à fait.

Donc Dieu n'a point pris le meilleur parti.

Reponse.

On accorde la Mineure de ce Prosyllogisme; car il faut avouer qu'il y a du mal dans ce monde que Dieu a fait, et qu'il étoit possible de faire un monde sans mal, ou même de ne point créer de Monde, puisque sa creation a dependu de la volonté libre de Dieu: mais on nie la Majeure, c'est à dire la premiere des deux premisses du Prosyllogisme, et on se pourroit contenter d'en demander la preuve; mais pour donner plus d'eclaircissement à la matiere, on a voulu justifier cette negation, en faisant remarquer que le meilleur parti n'est pas tousjours celuy qui tend à eviter le mal, puisqu'il se peut que le mal soit accompagné d'un plus grand bien. Par exemple, un General d'armée aimera mieux une grande victoire avec une legere blessure, qu'un etat sans blessure et sans victoire. On a montré cela plus amplement dans cet ouvrage, en faisant même voir par des instances prises des Mathematiques, et d'ailleurs, qu'une imperfection dans la partie peut être requise à une plus grande perfection dans le tout. On a suivi en cela le sentiment de S. Augustin, qui a dit cent fois que Dieu a permis le mal, pour en tirer un bien, c'est à dire un plus grand bien; et celuy de Thomas d'Acquin qui dit (in libr. 2. sent. dist. 32. qu. 1. art. 1) que la permission du mal tend au bien de l'univers. On a fait voir que chez les Anciens la cheute d'Adam a eté appellée felix culpa, un peché heureux, parce qu'il avoit eté reparé avec un avantage immense, par l'incarnation du fils de Dieu, qui a donné à l'univers quelque chose de plus noble que tout ce qu'il y auroit eu sans cela parmy les creatures. Et pour plus d'intelligence, on a adjouté apres plusieurs bons auteurs, qu'il étoit de l'ordre et du bien general, que Dieu laissât à certaines creatures l'occasion d'exercer leur liberté, lors même qu'il a prevu qu'elles se tourneroient au mal, mais qu'il pouvoit si bien redresser, parce qu'il ne convenoit pas que pour empêcher le peché, Dieu agit tousjours d'une maniere extraordinaire. Il suffit donc pour aneantir l'objection, de faire voir qu'un monde avec le mal pouvoit être meilleur qu'un monde sans mal: mais on est encor allé plus avant dans l'ouvrage, et l'on a même montré que cet Univers doit être effectivement meilleur que tout autre univers possible.

II. Objection.

S'il y a plus de mal que de bien dans les Creatures intelligentes, il y a plus de mal que de bien dans tout l'ouvrage de Dieu.

Or il y a plus de mal que de bien dans les creatures intelligentes.

Donc, il y a plus de mal que de bien dans tout l'ouvrage de Dieu.

Reponse.

On nie la Majeure et la Mineure de ce Syllogisme conditionnel. Quant à la Majeure, on ne l'accorde point, parce que cette pretendue consequence de la partie au tout, des creatures intelligentes à toutes les creatures, suppose tacitement et sans preuve, que les creatures destituées de raison ne peuvent point entrer en comparaison et en ligne de compte avec celles qui en ont. Mais pourquoy ne se pourroit il pas que le surplus du bien dans les creatures non intelligentes, qui remplissent le monde, recompensât et surpassât même incomparablement le surplus du mal dans les creatures raisonnables? Il est vray que le prix des dernieres est plus grand, mais en recompense les autres sont en plus grand nombre sans comparaison; et il se peut que la proportion du nombre et de la quantité surpasse celle du prix et de la qualité.

Quant à la Mineure, on ne la doit point accorder non plus, c'est à dire, on ne doit point accorder qu'il y a plus de mal que de bien dans les creatures intelligentes. On n'a pas même besoin de convenir qu'il y a plus de mal que de bien dans le genre humain, parce qu'il se peut, et il est même fort raisonnable, que la gloire et la perfection des bienheureux soit incomparablement plus grande, que la misere et l'imperfection des damnés, et qu'icy l'excellence du bien total dans le plus petit nombre prevaille au mal total qui est dans le nombre plus grand. Les bienheureux approchent de la divinité, par le moyen d'un divin Mediateur, autant qu'il peut convenir à ces creatures, et font des progrès dans le bien, qu'il est impossible que les damnés fassent dans le mal, quand ils approcheroient le plus pres qu'il se peut de la nature des demons. Dieu est infini, et le demon est borné; le bien peut aller et va à l'infini, au lieu que le mal a ses bornes. Il se peut donc, et il est à croire, qu'il arrive dans la comparaison des bienheureux et des damnés, le contraire de ce que nous avons dit pouvoir arriver dans la comparaison des creatures intelligentes et non intelligentes, c'est à dire, il se peut que dans la comparaison des heureux et des malheureux, la proportion des degrés surpasse celle des nombres, et que dans la comparaison des creatures intelligentes et non intelligentes, la proportion des nombres soit plus grande que celle des prix. On est en droit de supposer qu'une chose se peut, tant qu'on ne prouve point qu'elle est impossible, et même ce qu'on avance icy passe la supposition.

Mais en second lieu, quand on accorderoit qu'il y a plus de mal que de bien dans le genre humain, on a encor tout sujet de ne point accorder qu'il y a plus de mal que de bien dans toutes les creatures intelligentes. Car il y a un nombre inconcevable de Genies, et peutêtre encor d'autres creatures raisonnables. Et un adversaire ne sauroit prouver que dans toute la Cité de Dieu, composée tant de Genies que d'animaux raisonnables sans nombre et d'une infinité d'especes, le mal surpasse le bien. Et quoyqu'on n'ait point besoin pour repondre à une objection, de prouver qu'une chose est, quand sa seule possibilité suffit, on n'a pas laissé de montrer dans cet ouvrage present, que c'est une suite de la surpreme perfection du Souverain de l'univers, que le Royaume de Dieu soit le plus parfait de tous les Etats ou gouvernemens possibles, et que par consequent le peu de mal qu'il y a, soit requis pour le comble du bien immense qui s'y trouve.

III. Objection.

S'il est tousjours impossible de ne point pecher, il est tousjours injuste de punir.

Or il est tousjours impossible de ne point pecher, ou bien tout peché est necessaire.

Donc il est tousjours injuste de punir.

On en prouve la Mineure.

1. Prosyllogisme.

Tout predeterminé est necessaire.

Tout evenement est predeterminé.

Donc tout evenement (et par consequent le peché aussi) est necessaire.

On prouve encor ainsi cette seconde Mineure.

2. Prosyllogisme.

Ce qui est futur, ce qui est prevû, ce qui est enveloppé dans les causes, est predeterminé.

Tout evenement est tel.

Donc tout evenement est predeterminé.

Reponse.

On accorde dans un certain sens la conclusion du second Prosyllogisme, qui est la Mineure du premier; mais on niera la Majeure du premier Prosyllogisme, c'est à dire que tout predeterminé est necessaire; entendant par la necessité de pecher, par exemple, ou par l'impossibilité de ne point pecher, ou de ne point faire quelque action, la necessité dont il s'agit icy, c'est à dire celle qui est essentielle et absolue, et qui detruit la moralité de l'action, et la justice des chatimens. Car si quelcun entendoit une autre necessité ou impossibilité (c'est à dire une necessité qui ne fût que morale, ou qui ne fût qu'hypothetique qu'on expliquera tantôt), il est manifeste qu'on luy nieroit la majeure de l'objection même. On se pourroit contenter de cette reponse, et demander la preuve de la proposition niée; mais on a bien voulu encor rendre raison de ce procedé dans l'ouvrage present, pour mieux eclaircir la chose, et pour donner plus de jour à toute cette matiere, en expliquant la necessité qui doit être rejetée, et la determination qui doit avoir lieu. C'est que la Necessité, contraire à la moralité, qui doit être evitée, et qui feroit que le chatiment seroit injuste, est une necessité insurmontable, qui rendroit toute opposition inutile, quand même on voudroit de tout son coeur eviter l'action necessaire, et quand on feroit tous les efforts possibles pour cela. Or il est manifeste que cela n'est point applicable aux actions volontaires, puisqu'on ne les feroit point, si on ne le vouloit bien. Aussi leur prevision et predetermination n'est point absolue, mais elle suppose la volonté: s'il est seur qu'on les fera, il n'est pas moins seur qu'on les voudra faire. Ces actions volontaires, et leur suites, n'arriveront point, quoyqu'on fasse, ou soit qu'on les veuille, ou non; mais parce qu'on fera, et parce qu'on voudra faire, ce qui y conduit. Et cela est contenu dans la prevision et dans la predetermination, et en fait même la raison. Et la necessité de tels evenemens est appelée conditionnelle ou hypothetique, ou bien necessité de consequence, parce qu'elle suppose la volonté, et les autres requisits; au lieu que la necessité qui detruit la moralité, et qui rend le chatiment injuste, et la recompense inutile, est dans les choses qui seront, quoyqu'on fasse, et quoyqu'on veuille faire; et en un mot, dans ce qui est essentiel: et c'est ce qu'on appelle une necessité absolue. Aussi ne sert il de rien à l'egard de ce qui est necessaire absolument, de faire des defenses ou des commandemens, de proposer des peines ou des prix, de blâmer ou de louer; il n'en sera ny plus ny moins. Au lieu que dans les actions volontaires, et dans ce qui en depend, les preceptes, armés du pouvoir de punir et de recompenser, servent tres souvent, et sont compris dans l'ordre des causes qui font exister l'action. Et c'est par cette raison que non seulement les soins et les travaux, mais encor les prieres sont utiles, Dieu ayant encor eu ces prieres en veue, avant qu'il ait reglé les choses, et y ayant eu l'egard qui étoit convenable. C'est pourquoy le precepte qui dit ora et labora (priés et travaillés) subsiste tout entier; et non seulement ceux qui pretendent (sous le vain pretexte de la necessité des evenemens) qu'on peut negliger les soins que les affaires demandent, mais encor ceux qui raisonnent contre les prieres, tombent dans ce que les anciens appeloient déja le Sophisme paresseux. Ainsi la predetermination des evenemens par les causes est justement ce qui contribue à la moralité, au lieu de la detruire, et les causes inclinent la volonté, sans la necessiter. C'est pourquoy la determination dont il s'agit, n'est point une necessitation: il est certain (à celuy qui sait tout) que l'effect suivra celle inclination; mais cet effect n'en suit point par une consequence necessaire, c'est à dire, dont le contraire implique contradiction: et c'est aussi par une telle inclination interne que la volonté se determine, sans qu'il y ait de la necessité. Supposés qu'on ait la plus grande passion du monde (par exemple, une grande soif) vous m'avouerés que l'ame peut trouver quelque raison pour y resister, quand ce ne seroit que celle de montrer son pouvoir. Ainsi quoyqu'on ne soit jamais dans une parfaite indifference d'equilibre, et qu'il y ait tousjours une prevalence d'inclination pour le parti qu'on prend, elle ne rend pourtant jamais la resolution qu'on prend absolument necessaire.

IV. Objection.

Quiconque peut empêcher le peché d'autruy et ne le fait pas, mais y contribue plustost, quoyqu'il en soit bien informé, en est complice.

Dieu peut empêcher le peché des creatures intelligentes; mais il ne le fait pas, et il y contribue plustost par son concours et par les occasions qu'il fait naitre, quoyqu'il en ait une parfaite connoissance.

Donc etc.

Reponse.

On nie la majeure de ce Syllogisme. Car il se peut qu'on puisse empêcher le peché, mais qu'on ne doive point le faire, parce qu'on ne le pourroit sans commettre soy même un peché, ou (quand il s'agit de Dieu) sans faire une action deraisonnable. On en a donné des instances, et on en a fait l'application à Dieu luy même. Il se peut aussi qu'on contribue au mal, et qu'on luy ouvre même le chemin quelques fois, en faisant des choses qu'on est obligé de faire. Et quand on fait son devoir, ou (en parlant de Dieu) quand, tout bien consideré, on fait ce que la Raison demande, on n'est point responsable des evenemens, lors même qu'on les prevoit. On ne veut pas ces maux; mais on les veut permettre pour un plus grand bien, qu'on ne sauroit se dispenser raisonnablement de preferer à d'autres considerations. Et c'est une volonté consequente, qui resulte des volontés antecedentes, par lesquelles on veut le bien. Je say que quelques uns, en parlant de la volonté de Dieu antecedente et consequente, ont entendu par l'antecedente celle qui veut que tous les hommes soyent sauvés, et par la consequente celle qui veut en consequence du peché perseverant, qu'il y en ait de damnés, la damnation étant une suite du peché. Mais ce ne sont que des exemples d'une Notion plus generale, et on peut dire par la même raison, que Dieu veut par sa volonté antecedente que les hommes ne pechent point, et que par sa volonté consequente ou finale et decretoire (qui a tousjours son effect) il veut permettre qu'ils pechent, cette permission étant une suite des raisons superieures. Et on a sujet de dire generalement, que la Volonté antecedente de Dieu va à la production du bien et à l'empêchement du mal, chacun pris en soy; et comme detaché (particulariter et secundum quid, Thom. I. qu. 19. art. 6) suivant la mesure du degré de chaque bien ou de chaque mal; mais que la volonté Divine consequente, ou finale et totale, va à la production d'autant de biens qu'on en peut mettre ensemble, dont la combinaison devient par là déterminée, et comprend aussi la permission de quelques maux et l'exclusion de quelques biens, comme le meilleur plan possible de l'univers le demande. Arminius, dans son Antiperkinsus, a fort bien expliqué que la Volonté de Dieu peut être appelée consequente, non seulement par rapport à l'action de la creature considerée auparavant dans l'entendement divin, mais encor par rapport à d'autres Volontés Divines anterieures. Mais il suffit de considerer le passage cité de Thomas d'Acquin, et celuy de Scot, I. dist. 46. qu. 11. pour voir qu'ils prennent cette distinction comme on l'a prise icy. Cependant si quelcun ne veut point souffrir cet usage des termes, qu'il mette volonté prealable au lieu d'antecedente, et volonté finale ou decretoire au lieu de consequente. Car on ne veut point disputer des mots.

V. Objection.

Quiconque produit tout ce qu'il y a de reel dans une chose, en est la cause.

Dieu produit tout ce qu'il y a de reel dans le peché.

Donc Dieu est la cause du peché.

Reponse.

On pourroit se contenter de nier la Majeure, ou la Mineure, parce que le terme de Reel reçoit des interpretations qui peuvent rendre ces propositions fausses. Mais pour se mieux expliquer, on distinguera. Reel signifie ou ce qui est positif seulement, ou bien il comprend encor les êtres privatifs: au premier cas, on nie la majeure, et on accorde la mineure; au second cas, on fait le contraire. On auroit pu se borner à cela; mais on a bien voulu aller encor plus loin, pour rendre raison de cette distinction. On a donc eté bien aise de faire considerer que toute realité purement positive ou absolue est une perfection, et que toute imperfection vient de la limitation, c'est à dire du privatif: car limiter est refuser le progrès, ou le plus outre. Or Dieu est la cause de toutes les perfections, et par consequent de toutes les realités, lorsqu'on les considere comme purement positives. Mais les limitations, ou les privations, resultent de l'imperfection originale des creatures qui borne leur receptivité. Et il en est comme d'un bateau chargé, que la riviere fait aller plus ou moins lentement, à mesure du poids qu'il porte: ainsi la vistesse vient de la riviere, mais le retardement qui borne cette vistesse, vient de la charge. Aussi at-on fait voir dans le present ouvrage, comment la Creature, en causant le peché, est une cause deficiente; comment les erreurs et les mauvaises inclinations naissent de la privation; et comment la privation est efficace par accident; et on a justifié le sentiment de Saint Augustin (lib. I. ad Simpl. qu. 2.) qui explique (par exemple) comment Dieu endurcit, non pas en donnant quelque chose de mauvais à l'ame, mais parce que l'effect de sa bonne impression est borné par la resistance de l'ame, et par les circonstances qui contribuent à cette resistance, en sorte qu'il ne luy donne pas tout le bien qui surmonteroit son mal. Nec (inquit) ab illo erogatur aliquid quo homo fit deterior, sed tantum qua fit melior non erogatur. Mais si Dieu y avoit voulu faire davantage, il auroit fallu faire ou d'autres natures de creatures ou d'autres miracles, pour changer leur natures, que le meilleur plan n'a pu admettre. C'est comme il faudroit que le courant de la riviere fût plus rapide, que sa pente ne permet, ou que les bateaux fussent moins chargés, s'il devoit faire aller ces bateaux avec plus de vistesse. Et la limitation ou l'imperfection originale des creatures fait que même le meilleur plan de l'Univers ne sauroit recevoir plus de biens et ne sauroit être exemté de certains maux, mais qui y doivent tourner à un plus grand bien. Ce sont quelques desordres dans les parties, qui relevent merveilleusement la beauté du tout, comme certaines dissonances, employées comme il faut, rendent l'harmonie plus belle. Mais cela depend de ce qu'on a déja repondu à la premiere objection.

VI. Objection.

Quiconque punit ceux qui ont fait aussi bien qu'il étoit en leur pouvoir de faire, est injuste.

Dieu le fait.

Donc etc.

Reponse.

On nie la mineure de cet argument. Et l'on croit que Dieu donne tousjours les aides et les graces qui suffiroient à ceux qui auroient une bonne volonté, c'est à dire, qui ne rejeteroient pas ces graces par un nouveau peché. Ainsi on n'accorde point la damnation des enfans morts sans baptême ou hors de l'Eglise, ny la damnation des adultes qui ont agi suivant les lumieres que Dieu leur a données. Et l'on croit que si quelcun a suivi les lumieres qu'il avoit, il en recevra indubitablement de plus grandes dont il a besoin, comme feu M. Hulseman, Theologien celebre et profond à Leipsic, a remarqué quelque part; et si un tel homme en avoit manqué pendant sa vie, il les recevroit au moins à l'article de la mort.

VII. Objection.

Quiconque donne à quelques uns seulement, et non pas à tous, les moyens qui leur font avoir effectivement la bonne volonté et la foy finale salutaire, n'a pas assés de bonté.

Dieu le fait.

Donc etc.

Reponse.

On en nie la majeure. Il est vray que Dieu pourroit surmonter la plus grande resistance du coeur humain, et il le fait aussi quelques fois, soit par une grace interne, soit par les circonstances externes qui peuvent beaucoup sur les ames: mais il ne le fait point tousjours. D'où vient cette distinction, dirat-on, et pourquoy sa bonté paroit elle bornée? C'est qu'il n'auroit point eté dans l'ordre, d'agir tousjours extraordinairement, et de renverser la liaison des choses, comme on a déja remarqué en repondant à la premiere objection. Les raisons de cette liaison, par laquelle l'un est placé dans des circonstances plus favorables que l'autre, sont cachées dans la profondeur de la sagesse de Dieu: elles dependent de l'harmonie universelle. Le meilleur plan de l'univers, que Dieu ne pouvoit point manquer de choisir, le portoit ainsi. On le juge par l'evenement même; puisque Dieu l'a fait, il n'étoit point possible de mieux faire. Bien loin que cette conduite soit contraire à la bonté, c'est la supreme bonté qui l'y a porté. Cette objection avec sa solution pouvoit être tirée de ce qui a eté dit à l'egard de la premiere objection; mais il a paru utile de la toucher à part.

VIII. Objection.

Quiconque ne peut manquer de choisir le meilleur, n'est point libre.

Dieu ne peut manquer de choisir le meilleur.

Donc Dieu n'est point libre.

Reponse.

On nie la majeure de cet argument: c'est plustost la vraye liberté, et la plus parfaite, de pouvoir user le mieux de son franc arbitre, et d'exercer tousjours ce pouvoir, sans en être detourné, ny par la force externe, ny par les passions internes, dont l'une fait l'esclavage des corps, et les autres celuy des ames. Il n'y a rien de moins servile et de plus convenable au plus haut degré de la liberté que d'être tousjours mené au bien, et tousjours par sa propre inclination, sans aucune contrainte, et sans aucun deplaisir. Et d'objecter que Dieu avoit donc besoin des choses externes, ce n'est qu'un Sophisme. Il les crée librement: mais s'étant proposé une fin, qui est d'exercer sa bonté, la sagesse l'a determiné à choisir les moyens les plus propres à obtenir cette fin. Appeler cela besoin, c'est prendre le terme dans un sens non ordinaire qui le purge de toute imperfection, à peu pres comme l'on fait quand on parle de la colere de Dieu.

Seneque dit quelque part, que Dieu n'a commandé qu'une fois, mais qu'il obeit tousjours, parce qu'il obeit aux loix qu'il a voulu se prescrire; semel jussit, semper paret. Mais il auroit mieux dit, que Dieu commande tousjours, et qu'il est tousjours obei; car en voulant il suit tousjours le penchant de sa propre nature, et tout le reste des choses suit tousjours sa volonté. Et comme cette volonté est tousjours la même, on ne peut point dire qu'il n'obeit qu'à celle qu'il avoit autres fois. Cependant, quoyque sa volonté soit tousjours immanquable, et aille tousjours au meilleur, le mal, ou le moindre bien qu'il rebute, ne laisse pas d'être possible en soy; autrement la necessité du bien seroit geometrique (pour dire ainsi) ou metaphysique, et tout à fait absolue; la contingence des choses seroit detruite, et il n'y auroit point de choix. Mais cette maniere de necessité, qui ne detruit point la possibilité du contraire, n'a ce nom que par analogie; elle devient effective, non pas par la seule essence des choses, mais par ce qui est hors d'elles, et au dessus d'elles, savoir par la volonté de Dieu. Cette necessité est appelée morale, parce que chez le sage, necessaire et dû sont des choses equivalentes; et quand elle a tousjours son effect, comme elle l'a veritablement dans le sage parfait, c'est à dire en Dieu, on peut dire que c'est une necessité heureuse. Plus les creatures en approchent, plus elles approchent de la felicité parfaite. Aussi cette maniere de necessité n'est elle pas celle qu'on tache d'eviter, et qui detruit la moralité, les recompenses, les louanges. Car ce qu'elle porte n'arrive pas quoyqu'on fasse, et quoyqu'on veuille, mais parce qu'on le veut bien. Et une volonté, à laquelle il est naturel de bien choisir, merite le plus d'être louée: aussi portet-elle sa recompense avec elle, qui est le souverain bonheur. Et comme cette constitution de la Nature Divine donne une satisfaction entiere à celuy qui la possede, elle est aussi la meilleure et la plus souhaitable pour les creatures qui dependent toutes de Dieu. Si la volonté de Dieu n'avoit point pour regle le principe du meilleur, elle iroit au mal, ce qui seroit le pis; ou bien elle seroit indifferente en quelque façon au bien et au mal, et guidée par le hazard: mais une volonté qui se laisseroit tousjours aller au hazard, ne vaudroit gueres mieux pour le gouvernement de l'univers que le concours fortuit des corpuscules, sans qu'il y eût aucune Divinité. Et quand même Dieu ne s'abandonneroit au hazard qu'en quelques cas, et en quelque maniere (comme il feroit, s'il n'alloit pas tousjours entierement au meilleur, et s'il étoit capable de preferer un moindre bien à un bien plus grand, c'est à dire un mal à un bien, puisque ce qui empêche un plus grand bien est un mal) il seroit imparfait, aussi bien que l'objet de son choix; il ne meriteroit point une confiance entiere; il agiroit sans raison dans un tel cas, et le gouvernement de l'univers seroit comme certains jeux mypartis entre la raison et la fortune. Et tout cela fait voir que cette objection, qu'on fait contre le choix du meilleur, pervertit les notions du libre et du necessaire, et nous represente le meilleur même comme mauvais: ce qui est malin, ou ridicule.