Leibniz an Th. Burnett
Hanover ce 8 Decembr. 1705
Quoyque je n'aye rien appris de vous depuis quelque temps, non obstant que j'aye amplement repondu à la vostre, je ne laisse pas d'esperer que vous vous portés bien, et croyant que vous pourrés peutestre passer en Angleterre avec Mylord Duc de Marlborough, je n'ay point voulu differer de vous renvoyer vostre papier imprimé avec les notes marginales que vous aviés donné à Madame l'Electrice. Vous aurés la bonté de me renvoyer celuy que je vous ay donné et que vous avés envoyé à Mr. le Clerc. C'est de quoy je vous prie, car j'ay changé le dessein de le donner au Public.
La Harangue de la Reine est admirable, et si l'on peut obtenir ce qu'elle nous fait esperer, qui est d'abaisser assez la France pour n'estre pas formidable à ses voisins, il faut avouer que l'Angleterre n'aura point besoin d'une plus grande seureté. Il faut prier Dieu qu'il nous rende ces heureux temps qui seront un siecle d'or pour les Protestans.
Madame l'Electrice et sa Maison n'ont aucune part à ce qui s'est passé dernierement à la Chambre des Pairs, elle n'a ny poussé ny empeché ce qui s'y est proposé, et laisse le tout absolument à la Nation. Si vous passés, je vous souhaite un heureux voyage, et je suis avec zele etc. Hanover ce 8 Decembre 1705.