Leibniz an Remond
27 Janvier 1716
27. Janvier 1716.
En revoyant ce que j’avois écrit à Monsieur l’Abbé Conti, j’ay remarqué qu’on pourroit méprendre mon probleme, que je l’ay prié de proposer en Angleterre sans me nommer. C’est pourquoy je souhaiterois qu’il adjoutât ces mots: on allegue cet exemple des Hyperboles, non pas pour en demander la solution, car la question a des facilités particulieres dans les coniques, mais seulement pour se faire entendre, et l’on demande une methode generale.
J’ay peur que M. l’Abbé Varignon ne soit malade, car je n’ay point eu de ses nouvelles depuis quelque temps: un ami m’a envoyé un exemple du quarré cubique que M. Sauveur avoit proposé dans le nombre impair des cellules. Et depuis il a poussé sa solution jusqu’au nombre pair, et m’en a envoyé un exemple, qu’il destinoit aux curieux strenae loco, à la nouvelle année. Je n’en ay rien appris encor de M. l’Abbé Varignon, ni de la premiere solution, ny de la derniere. Mais je seray content si j’apprends seulement qu’il les a receues. Car il faut laisser à sa commodité, quand il voudra y faire reponse. On seroit seulement bien aise de savoir ce que M. Sauveur et d’autres personnes qui s’exercent dans les nombres en disent, et on ne demande point que M. Varignon se donne luy même la peine d’examiner la matiere. Oserois je vous supplier, Monsieur, de vous en informer, pour contenter mon ami?
J’ay achevé mon discours sur la Theologie naturelle des Chinois. C’est quasi un petit Traité, aussi grand que celuy du pere Malebranche.1
- 1Der Schluß fehlt.