Leibniz an Bourguet

Hanover ce 20. Avril 1716

GerhardtFrench

Je viens de recevoir l’honneur de votre lettre, avec l’incluse pour Mr. Herman, que je luy enverray d’abord. Il me semble qu’on flatte un peu trop Mr. Newton et les Anglois dans son livre. Au reste il y a de fort bonnes choses.

Si vos amis de Milan n’ont pas trouvé à propos déja d’envoyer de la graine à Augsbourg, il ne sera plus temps apparemment de le faire. Cependant je vous suis obligé, Monsieur, de vos soins.

La deviation des planetes de la Ligne Elliptique ne peut venir apparemment que de l’operation des planetes entre elles, ou de la resistance du milieu. Pour en juger, il faudroit joindre les observations avec le calcul. Le plus utile seroit de regler le cours de la Lune, après avoir bien reglé celuy de la Terre. Mr. Flamsteed pretend que Mr. Newton n’a pas assés employé les observations. Mr. Zendrini ne m’a rien marqué du dessein de Mr. le Comte Riccati sur les planetes. Je souhaite qu’il joigne les observations aux raisonnemens.

Mr. Clark ne m’a point donné grande satisfaction. Il n’a pas bien compris la force de cette maxime, que rien n’arrive sans une raison suffisante pour le determiner. Je ne me souviens pas de cet autre Anglois qui doit avoir parlé de la substance.

Je ne saurois penser à ma Dynamique, ni à d’autres matieres de Philosophie ou de Mathematique, avant que d’avoir eté debarrassé de mon present travail historique. Au reste, je suis avec zéle etc. Hanover ce 20. Avril 1716.