Leibniz an Bourguet

GerhardtFrench

Je vous suis obligé de la part que vous prenés à ma reputation. Il est vray que l’Empereur m’a conferé la charge de Conseiller Imperial Aulique. Il y a dans ce Corps du Conseil Aulique non seulement des Conseillers attachés à l’Eglise Romaine, mais encor des Protestans, et je suis du nombre de ceux de la Confession d’Augsbourg. J’ay eté Jurisconsulte de profession dès ma jeunesse, et dans plus d’un Tribunal, et la Jurisprudence fait partie de la Philosophie practique.

Je n’ay pas encor receu la lettre que vous avés confiée pour moy à Monsieur Herman; et même M. Herman, qui sera arrivé maintenant à Francfort sur l’Oder, pour exercer sa Profession, ne m’a point écrit depuis qu’il a quitté l’Italie.

Je seray tousjours bien aise d’avoir de vos nouvelles, Monsieur, et quoyque vous ne m’ayés point marqué votre adresse, j’espere que la presente lettre quoyque mise simplement à la poste vous sera rendue, comme j’espere aussi que vous aurés eu ma réponse à votre lettre précédente, où vous marquiés d’avoir vu ma Theodicée.

Monsieur Bernardo Trevisani, Noble Venitien celebre, vous sera connu apparemment; il a publié des livres considerables, et je luy ay envoyé ma Theodicée, mais je n’ay point appris son sentiment là-dessus.

On m’a dit que quelqu’un pensoit à la faire traduire en Italien, comme on l’a traduite en Latin et en Allemand; mais l’impression auroit peutetre de la difficulté en Italie. Si vous connoissés des habiles gens, Monsieur, je seray ravi d’en etre informé, comme aussi de ce que l’Italie nous produit de bon en matière de Lettres. Le Giornale de’ Letterati ne dit pas tout, ni tousjours le meilleur. Je suis avec zele etc.1

  1. 1Ohne Ort und Datum, geschrieben als Antwort des Briefes Bourguet’s vom 23. Septembr. 1713.