Leibniz an den Landgrafen Ernst von Hessen-Rheinfels
V. A. S. aura receu la lettre que j'ay envoyée par la poste precedente avec ce que j'y ay joint en forme de lettre à V. A. dont la copie pourroit estre communiqué à M. A. Depuis j'ay songé qu'il faudroit mieux en oster ces paroles vers la fin: Cependant si celle, où il est, estoit si promte à censurer, un tel procedé devrait servir d'avertissement etc. jusqu'à ces mots: sur tout quand on n'a pas de quoy se faire menager, de peur que M. A. n'en prenne occasion d'entrer dans les disputes de controverses, comme si on avoit attaqué l'Eglise, qui est nullement ce dont il s'agit. On pourroit dans la copie mettre à leur place ces mots: et le moins du monde dans la communion de M. A. où le concile de Trente aussi bien que les papes se sont contentés fort sagement de censurer les opinions où il y a manifestement des choses qui paroissent contraires à la foy et aux moeurs sans eplucher les consequences philosophiques, les quelles s'il falloit ecouter, en matiere de censures les Thomistes passeroient pour Calvinistes selon les Jesuites, les Jesuites passeroient pour Semipelagiens selon les Thomistes, et les uns et les autres detruiroient la liberté selon Durandus et P. Louys de Dole; et en general toute absurdité passeroit pour un Atheisme, parcequ'on peut faire voir qu'elle detruiroit la nature de Dieu.
- 1Leibniz hat auf dem Original bemerkt: Autre lettre 5/15 de Mars 1686. Aus den ersten Zeilen dieses Schreibens geht hervor, daß »Avril« anstatt »Mars« zu setzen ist.