Leibniz an Nicaise. Hanover 23 Decembr. v. st. 1698
Hanover ce 24 jouin 16981.
Vous avés receu ma derniere, à laquelle je me rapporte, et vous diray cependant que j'ay publié ce printemps la chronique d'Albericus, monachus Trium Fontium, citée souvent par MM. Du Chêne, Le Mire, Blondel, Chifflet, et qui contient tant de belles notices genealogiques. Comme j'en ay eu un vieux exemplaire manuscrit en parchemin assez bon, et un autre moderne de la bibliotheque de Wolfenbuttel, quoyque imparfait, j'en ay pu donner une edition passable; et j'espere que les curieux m'en sçauront quelque gré, parce qu'autrement cet ouvrage seroit peutestre encor demeuré enseveli longtemps. Il y en avoit un exemplaire dans la bibliotheque des Jesuites du College de Clermont; mais il estoit aussi imparfait que celuy de Wolfenbuttel, à ce que le R. P. Hardouin me fit dire.
Ce qui m'engage, Monsieur, à vous écrire presentement, est la lettre de M. Ludolphi, par laquelle il repond à celle du R. P. Bonjour, que je vous envoie icy jointe, vous suppliant de la faire tenir. On feroit bien de faire envoyer à M. Ludolphi l'exemplaire Aethiopique qu'il demande, car il n'y a personne qui en puisse faire un meilleur usage que luy; et j'ose joindre mes prieres aux siennes, ayant eu autresfois l'honneur de faire la reverence à l'éminentissime Cardinal Casanate, et l'ayant trouvé porté à favoriser les connoissances utiles.
Nostre scavant ami, M. Morel, a fait une chute en revenant de la foire de Leipsig, qui l'empeche de se servir de sa main pour écrire. On espere pourtant, à ce qu'il m'a fait écrire, que ce sera sans suite. Je suis etc.
- 1Von diesem Schreiben fehlt das Original in der Königl. Bibliothek zu Hannover.