Des Bosses an Leibniz
Coloniae 6 Aprilis 1715
Mitto Responsum Hartsoekeri super quaestione Magnetica. Experimentum quod adducit an rem evincat nescio, suspicor enim quod in limatura ferri insensibile est, fieri posse sensibile, si instrumenta accuratiora adhiberentur. De quo judicium tuum audire aveo.
Videris non observasse objectiunculam in aliqua priorum epistolarum mearum propositam, cujus solutionem a te desidero. Est autem haec: In hypothesi, quod detur aliquid realizans phaenomena distinctum a monadibus earumque perceptionibus, quaero quis efficiat mutationem phaenomenorum in ipso corpore? Si Deus, perpetuum erit miraculum; si monades, ergo corpus quodammodo pendebit a monadibus etc.
Subjungo alterum circa Harmoniam praestitutam: Si monades universae ex propria penu, ut sic loquar, et sine ullo physico unius in aliam influxu perceptiones suas habent, si praeterea cujuslibet monadis perceptiones caeteris quae nunc a Deo creatae sunt monadibus earumque perceptionibus praecise respondent et attemperantur eas repraesentando, non potuit ergo Deus ullam ex his quae modo existunt monadibus creare quin alias omnes quae nunc pariter existunt conderet, Deus enim nullo pacto efficere potest ut naturalis monadum perceptio ac repraesentatio fallatur, falleretur autem si ferretur in monadas non existentes tanquam existentes. At si verum est Deum id non potuisse, non video cur magnopere laudanda sit sapientia divina in delectu et compositione harum rerum cum illis. Electa enim semel minima quacumque monade, quam produceret, necessitabatur Deus reliquas omnes producere, sicut necessitatur non decipere creaturas rationales, aut non infundere illis errorem, aut sicut necessitatur promissis suis attemperare eventum.
Prodiit anno postremo Opus insigne defuncti nuper Archiepiscopi Cameracensis, in quo dum totam Jansenii doctrinam strictissime disertissimeque convellit et radicitus evertit, se ipse superasse mihi visus est. Inscriptio libri haec est: Instruction Pastorale de Monseigneur l'Archeveque de Cambrai au Clergé et au peuple de son diocese en forme de dialogues divisée en trois parties. Premiere partie qui developpe le systeme de Jansenius, sa conformité avec celui de Calvin sur la delectation et son opposition à la doctrine de S. Augustin. Seconde partie qui explique les principaux ouvrages de S. Augustin sur la grace, l'abus que les Jansenistes en font et l'opposition de leur doctrine à celle des Thomistes. Troisieme partie qui montre la nouveauté du systeme de Jansenius et les consequences pernicieuses de cette doctrine contre les bonnes moeurs.
Inter innumeros libros ac libellos circa nuperam adversus propositiones Quenellii Bullam ultro citroque editos maximam a peritis approbationem tulit is cui titulus: Lettres d'un Abbé à un Eveque où l'on demontre l'équité de la constitution Unigenitus etc. et qui peuvent servir de Reponse aux libelles qui ont paru contre cette Constitution. Vale, Vir Illustrissime, iterumque vale. Dabam Coloniae 6 Aprilis 1715.
Beilage: Extrait de la lettre de Monsieur Hartsoeker.
Pour ce qui est de la question que vous me faites, sçavoir si un aiman a plus de vertu dans une situation que dans une autre, je vous puis dire que j'ai trouvé par plusieurs experiences exactes qu'il a toujours sensiblement la meme vertu quelque situation qu'on lui donne et qu'il ne paroit pas en avoir plus quand son pole boreal regarde le pole austral magnetique de la terre que lorsque ce pole regarde le pole boreal magnetique de la terre ou quelqu'autre pole.
Mettez par exemple sur une glace de miroir bien polie un aiman et de la limaille de fer autour de cet aiman, vous verrez que cette limaille quand elle s'y sera une fois bien rangée demeurera sans mouvement quelque situation qu'on donne à cette glace pourvu qu'elle soit toujours horizontale et qu'on la tourne bien doucement. Le contraire devroit pourtant arriver par ce que la terre est un grand aiman, et qu'ainsi ces deux aimans sçavoir celui qui est sur la glace de miroir et la Terre doivent avoir plus de vertu quand le pole boreal de l'un regarde le pol austral de l'autre, parce qu'en ce cas ils s'entreaident, que lorsque leur poles austraux se regardent; mais comme le courant de la matiere magnetique de la terre est tres foible, il ne peut qu'insensiblement augmenter ou diminuer la vertu d'un aiman, sçavoir l'augmenter quand il correspond avec celui de cet aiman, et la diminuer lorsqu'il y est contraire. Je vous prie tres humblement, mon R. P., de me dire si vous trouvez ma reponse quelque peu plausible et satisfactoire.