Leibniz an Foucher
(Im Auszuge.)
Je suis bien aise que vous approuvés ce que j'y ay dit de la sagesse divine; j'ay trouvé que bien loin de negliger les causes finales en physique, on les peut employer utilement et faire des decouvertes. Et c'est par là que je rends raison dans les Actes de Lypsig des loix de la refraction et reflexion, ce qu'un Anglois nommé Molineux a fort approuvé dans un ouvrage publié depuis peu sur la dioptrique. Ce n'est pas qu'il ne vaudroit mieux d'en scavoir la cause efficiente, mais il est plus difficile de la penetrer.
Vos trois axiomes me paroissent bons, pourveu qu'on les entende comme il faut. On peut douter s'il est vray: Non opinaturum esse sapientem. Mais je crois que le sens est qu'on ne doit pas prendre une opinion pour des verités. Car du reste on a raison d'estimer les degrés de probabilité et de suivre en practique ce qui a le plus d'apparence de raison. Judicium veritatis non est in sensibus doit encor estre bien entendu; il est vray que nous avons des sentimens, mais les sens seuls ne sçauroient faire connoistre l'existence des choses hors de nous. Le troisieme Axiome paroist sans difficulté; néanmoins il a encor besoin d'explication: Verba non dant conceptus, sed supponunt. C'est à peu près comme dans les caractères des nombres, ils nous donnent moyen de trouver ce que nous ne trouverions pas sans eux. Mais il est vray, qu'il faut tousjours supposer leur signification.