Series VI Band 4 · No. 399.
Dialogue entre Theophile et Polidore
[Sommer bis Herbst 1679 (?)]
[Sommer bis Herbst 1679 (?)]
Theophile.
Polidore. Je sçay que vous m'aimes Theophile, et je vous considere assés pour vous éclaircir sur ce point. Sçachés donc que ce que vous remarqués en moy, n'est pas une tristesse mais une indifference que j'ay à l'égard de beaucoup de choses qui m'estoient agreables auparavant. Car dépuis que je les ay à souhait, j'en reconnois la vanité; et me voyant au comble de la felicité où les hommes aspirent icy bas, je reconnois mieux que jamais l'imperfection de la nature humaine qui n'est pas susceptible d'un bonheur solide. Vous sçavés que je ne suis gueres touché des voluptés grossieres, mais dépuis peu je trouve de plus en plus que les plaisirs les plus rafinés, qu'on attribue à l'esprit ne sont que des tromperies agreables, qui disparoissent quand on les considere de prés. Y a-t-il rien au monde à quoy les belles ames soyent plus sensibles qu'à la gloire: et cependant à quoy me servira-t-elle quand je seray reduit en poussiere? Je ne cesseray pas pour cela de faire des choses dignes d'approbation, car c'est ma coustume, et j'aurois de la peine à faire autrement; mais je ne feray plus d'efforts extraordinaires pour m'acquerir cette immortalité chimerique. Ma curiosité est aussi diminuée de la moitié et je ne gouste plus tant les beautés de la nature et des arts; et je trouve encor moins de satisfaction dans ces beaux discours qui souvent ne consistent que dans un éclat de paroles bien arrangées; et quoyque je reconnoisse qu'il y a des sciences solides, comme par exemple les mathematiques et les mecaniques; je remarque qu'elles ne sont utiles qu'à ceux, qui en font profession. Car elles demandent trop d'application: et puisque nous allons perdre en un moment le fruit de toutes nos peines, n'allons pas nous embarasser de quoyque ce soit. Suivons un train de vie aisé et armons nous d'indifference contre les appas trompeurs des entreprises.
Theophile. Je vous plains Polidore, car je voy que vous vous privés de la plus grande satisfaction de la vie, lors que vous estes le plus en estat d'en gouster: Mais je plains bien plus le public et la posterité, qui sera privé de ces grandes et belles choses que vous avies projettées lors que vos affaires ne vous permettoient pas encor de les executer, cela me fait admirer la conduite des hommes, qui ne cherchent que ce qui est éloigné. Mais je ne m'apperçois pas que vous avés changé de maximes et que vous ne croyés plus avoir sujet de vous mettre en peine du public, et qu'il vous paroist ridicule de travailler pour un temps où nous ne serons pas. Cependant je croy que vous en jugeriés autrement, si vous esties bien asseuré, qu'il y a un grand monarque de l'univers, qui prend tout ce qu'on fait pour le public comme fait à luy même: et si vous esties convaincu de l'immortalité de nos ames, vous prendriés part à l'état des siecles futurs.
Po. Si vous me parlés en theologien je quitte la partie, car je me sousmets à la foy: mais si nous nous renfermons dans les bornes de la philosophie, je voy des grandes raisons de douter de ces belles choses qui ne servent qu'à nous addoucir nostre misere par des fausses esperances. Je vous avoue que je voudrois estre du nombre de ceux qui sont heureux par leur erreurs. Felices errore suo: mais puisque je voy clairement ce qui en est, il ne depend plus de moy d'en detourner la veue.
Th. Mais vous qui avés tant de belles connoissances, et qui avés admiré si souvent la sagesse de la nature, pouvés vous douter d'une providence gubernatrice, lors que vous considerés la machine de l'univers; qui marche avec tant de regularité.
Po. Il me semble que ce n'est pas grande merveille de voir que le soleil se tournant à l'entour de son centre emporte et tourne avec luy la matiere liquide qui l'environne qu'on appelle ether, et par consequent quelques grandes boules appellées planetes qui nagent dans cet ether, et suivent son mouvement avec plus ou moins de vistesse à proportion de leur solidité et distance. Et comme rien ne leur resiste, il ne faut pas s'estonner si leur periodes sont regulieres sans qu'on y appercoive du changement pour long temps.
Th. Ce que vous dites est raisonnable, le mouvement de cet ether à l'entour du soleil estant posé, aussi bien que ces boules de differente solidité et volume, le reste s'ensuit machinalement. Mais dites moy, d'où vient qu'il y a un soleil, un ether et des planetes; le monde ne pouvoit il pas estre fait d'une tout autre façon; et qui est celuy qui a fait le choix de cellecy, et d'ou vient le principe du mouvement, que nous y remarquons.
Po. Je croy, qu'il y a une ame du monde qui luy donne la vie, et le mouvement.
Th. Vous n'échapperés pas par là. Voyons un peu: cette ame agit elle par choix ou par necessité.
Po. Peut estre par necessité.
Th. Vous n'avés donc pas besoin d'ame, et vous n'avies qu'à dire d'abord que cette forme du monde et ce mouvement estoient necessaires. Cependant rien n'est absolument necessaire, quand le contraire est possible. Or il n'y a point d'impossibilité ny de contradiction, de concevoir un monde sans soleil, et un soleil placé et mû tout autrement que le nostre.
Po. Je demeure d'accord que le monde pouvoit estre fait de mille autres façons, mais cellecy estoit apparemment la plus simple, et la nature agit par les voyes les plus courtes; donc il luy estoit necessaire d'agir ainsi.
Th. Si cette nature ou Ame du Monde ou en fin ce moteur dont vous parlés est capable de raison, je voy bien qu'il agira par les voyes qu'il jugera les plus simples: mais autrement je ne voy pas comment la simplicité l'emportera. Car une cause agit tousjours tout autant qu'elle peut et autant qu'elle n'est pas empechée, donc il faut que toutes les choses possibles en elles mêmes se produisent, ce qui ne se peut puisqu'il y en a beaucoup d'incompatibles; ou bien il ne se produise rien.
Po. Il me semble qu'il y a un accommodement; car de toutes les façons possibles de faire le monde celle doit estre preferée à toutes les autres qui fait reussir le plus de choses, qui pour ainsi dire renferme beaucoup d'essence ou de varieté en peu de volume, et qui en un mot est la plus simple et la plus riche.
Th. Je vous entends feignons, qu'il y ait des estres possibles
Po. Ce raisonnement est beau et solide, et j'en suis tout surpris: après cela je ne
m'étonne plus de la structure merveilleuse des corps organiques, dont la moindre partie
passe en invention toutes les machines que les hommes sont capables d'inventer: mais il
semble que cette sagesse qui fait voir une oeconomie si admirable dans chaque animal ou
corps organique consideré à part, les abandonne par après à se choquer entre eux avec
toute la confusion imaginable. Une miserable brebis est dechirée par un loup, un pigeon
est donné en proye à quelque vautour;
Th. Vos raisonnemens sont plausibles, et beaucoup de personnes spirituelles en sont frappées malheureusement, mais graces à Dieu il y a moyen d'y satisfaire. Nous avons établi que Dieu fait tout dans la plus grande perfection dont l'univers est capable. Et par consequent chaque chose a en elle ou aura autant de perfection qu'elle est capable de pretendre à proportion de celle qu'elle a déjà, sans faire du tort aux autres. Or le plaisir n'estant autre chose que le sentiment d'un accroissement de la perfection, il s'ensuit que Dieu donnera du plaisir à toutes les creatures autant qu'elles en sont capables, en sorte que celles, qui sont raisonnables se trouvent toutes heureuses autant qu'il est possible, sauf l'harmonie de l'univers qui veut qu'il se trouve au bout du compte le plus de perfection et le plus de bonheur qu'il est possible d'obtenir en somme. Ce qui ne se peut faire peutestre sans la misere de quelques uns, qui la méritent.
Or de toutes les creatures qui nous environnent il n'y a que l'esprit de l'homme qui soit capable d'un vray bonheur. Et on peut dire qu'il n'y a de la difference de Dieu à luy, que comme du plus au moins, quoyque la proportion soit infinie, il demonstre des verités, il invente des machines et il est capable de renfermer en luy les perfections des choses dont il conçoit les idées, il connoist ce grand Dieu, il l'honnore, il l'aime, et il l'imite; il exerce un empire sur quelques choses avec un dégagement et une elevation semblable à celle de Dieu, quoyque ses resolutions trouvent des obstacles dans l'execution. On peut dire qu'à l'égard de la perfection de l'esprit il y a [plus] de difference entre l'homme et les autres creatures, qui manquent de raison qu'il y en a entre Dieu et l'homme: Enfin il y a quelque societé entre Dieu et les hommes. Car estant tous raisonnables et ayant quelque commerce ensemble ils composent une espece de Cité, qui doit estre gouvernée de la maniere la plus parfaite. C'est pourquoy si Dieu est la souveraine sagesse, comme ses ouvrages admirables le font voir et si la sagesse cherche la perfection par tout autant qu'il est possible il ne faut pas douter, que les estres les plus parfaits et les plus approchants de Dieu ne soyent les plus considérés dans la nature; et que Dieu n'ait eu égard à leur bonheur préferablement à tout autre chose. Car enfin cela se peut sans que l'ordre de l'univers [s'y] oppose; il est vray que nos corps sont sujets au choc des autres corps et par consequent à la dissolution; mais l'ame estant une substance toute differente de la matiere et de l'étendue, n'en sçauroit estre detruite; et cela estant, elle est capable de subsister et d'estre heureuse, malgré les bouleversemens du monde. Car pourveu que Dieu luy laisse une souvenance et des pensées elle peut estre heureuse et malheureuse, punie et recompensée suivant les loix de cette Cité dont Dieu est le Monarque. Je puis demonstrer par des raisons physiques que l'ame est incorruptible, et qu'elle pensera tousjours à quelque chose; mais pour prouver qu'elle se souviendra de ce qui s'est passé au corps; il faut une raison morale, qui ne laisse pas d'estre demonstrative pourveu qu'on considere les loix de cette Monarchie divine, qui ne seroit pas bien gouvernée autrement, puisqu'il n'y auroit point de recompense ny chastiment sans la souvenance. Et il ne faut pas s'estonner que l'ame subsiste tousjours quoyqu'elle ait eu un commencement, car estant une substance, elle ne sçauroit perir que par un aneantissement, c'est à dire par miracle: car mêmes le moindre atome de la matiere ne perit jamais quoyqu'il passe par mille formes or il est visible que l'esprit n'entre point en comparaison avec un atome, ny mêmes avec quelque corps que ce soit. Et comme la perfection des choses en general va tousjours en avant (croissant ou du moins se conservant), il ne faut pas s'étonner si l'ame en sortant de cette vie passe dans un estat incomparablement au delà de celuy qu'elle avoit avant la naissance. J'adjoute qu'il semble que Dieu nous a voulu laisser une image de la mort en nous faisant sentir que l'ame pense en songeant, et se forge mille choses, comme si elle estoit dans un monde à part: et je ne voy rien qui empeche que Dieu ne luy faisse naistre des songes agreables et harmonieux, ou tristes et affreux, jusqu'à ce qu'il luy plaise de la faire rentrer dans un corps organique et digne d'elle pour continuer de jouer son role, parmy les creatures.
Po. Vos raisons sont touchantes et sans replique: et j'avoue que j'en suis penetré: d'autant que vous avés merveilleusement bien prevenu les objections de ceux qui croyent que toutes les ames doivent estre reunies à l'ame de l'univers; comme le corps se perd dans la masse generale. Car comme vous dites fort bien, ce qui est une fois une substance à part, le demeurera tousjours, et exercera ses fonctions propres, de quelque maniere qu'on l'unisse à quelque autre chose. Aussi cette union des ames à l'ame universelle ne consiste que dans un jeu de paroles qui ne signifient rien, car les ames ne sont pas comme des gouttes ou des ruisseaux qui se rendent dans un Ocean, et si la comparaison estoit bonne; on pourra dire que chaque atome de la goutte ne laisse pas de subsister dans l'ocean même, et qu'ainsi les ames reunies à l'ame universelle ou plustost à Dieu ne laisseroient pas d'avoir chacune ses pensées propres.
Th. S'il y avoit moyen de vous expliquer et demonstrer en peu de mots quelques pensées plus profondes que j'ay, comme par exemple que les corps ne subsistent qu'à l'égard des esprits et par les esprits; et que chaque esprit est une certaine expression de l'univers, et ne sçauroit naturellement cesser de penser, ny perir qu'avec l'univers, vous ne demeureriés pas seulement d'accord de la providence et de l'immortalité des ames car vous en estes maintenant persuadé; mais encor vous admireriés l'aveuglement de ceux qui s'imaginent que quelques mouvemens et divisions de la matiere puissent detruire des substances indivisibles qui donnent toute l'action et même toute l'existence à la matiere, et qui ne recoivent des impressions que de Dieu, il est vray que nos ames pourroient parvenir à un estat semblable à celuy des enfans qui viennent de naistre, qui en effect et quant à morale vaudroit autant que la mortalité: mais l'ordre de l'univers ne permettra pas que tant de perfections acquises perissent inutilement: au contraire c'est par le moyen des Esprits que les choses passées se conservent, et que rien ne se perd dans le monde. Enfin c'est par là que Dieu est non seulement principe, mais encor Monarque des choses; et comme chaque Esprit est un redoublement ou representation vivante de l'univers tout entier, suivant les degrés de la maniere de concevoir d'un chacun; et que Dieu est luy même un esprit, et la source de tous les esprits, il faut qu'il en ait soin autant que de l'univers; et même que l'univers soit fait de la maniere la plus avantageuse, pour former de l'assemblage de tous les esprits une espèce de gouvernement Monarchique, qui comme par la reflexion d'autant de miroirs dans lesquels Dieu se regarde luy même differemment, porte l'éclat de la perfection de Dieu et la satisfaction qu'il en reçoit luy même, au plus haut point qui est possible.
Po. Je comprends fort bien la force de vos raisons. Car puisque Dieu est un esprit, et le plus parfait de tous, je voy bien qu'il sera le plus heureux, et le plus satisfait: or je voy bien aussi qu'il se communiquera avec les autres esprits; et qu'il aura bien plus de plaisir; s'il m'est permis de parler ainsi, de son Royaume sur les esprits, que de son pouvoir sur les corps. Car l'univers pris sans les esprits, n'est qu'une fois: mais chaque esprit est une nouvelle maniere d'exprimer ou de representer l'univers selon que Dieu le regarde pour ainsi dire d'un certain costé. Et les esprits qui songent à Dieu, qui raisonnent de luy et en quelque façon comme luy autant qu'ils connoissent la verité, doivent sans doute le toucher incomparablement d'avantage, que toutes les creatures brutes à l'egard des quelles ces adresses dont Dieu se sert dans le gouvernement des esprits seroient inutiles. Nos republiques ne sont que des petits jeux au prix de cette Monarchie Universelle; qui ne laissent pourtant pas de plaire à Dieu, comme nous nous plaisons aux petites maisons de cartes que nous voyons bastir aux enfans. Or le gouvernement Monarchique de Dieu estant etabli dans sa plus grande perfection, tout ce que la raison peut inventer dans nos republiques s'y doit trouver dans un degré infiniment relevé, et comme la justice n'est autre chose que ce qui contribue à la perfection d'une societé, il faut bien que Dieu soit juste au souverain degré.
Th. Puisque nous avons reconnu ce grand point, tirons en des consequences de
practique. Premierement: il s'ensuit que le monde se gouverne d'une façon à la quelle
une personne sage, qui en sera bien informée n'aura rien à redire, et même ne pourra
trouver rien à souhaitter d'avantage. Secondement: que tout homme sage doit estre
content non seulement par necessité, et comme ayant patience par force, mais avec
plaisir, et par une maniere de satisfaction extreme sçachant que tout se fera de telle sorte
que les interests d'un chacun en particulier qui sera persuadé de cette verité seront
ménages avec tout d'avantage possible. Car quand Dieu nous admettra à ses secrets un
peu plus que jusqu'icy, alors parmy les autres surprises, il y aura encor celle de voir les
inventions merveilleuses dont il s'est servi pour nous rendre heureux au delà de ce que
nous aurions esté capables de concevoir. Troisiemement: que nous devons aimer
Dieu sur toutes choses, puisque nous trouvons tout en luy avec plus de perfection que
dans les choses mêmes; et puisque sa bonté nous tient lieu de nostre toute-puissance. Car
par là nous obtenons tout ce que nous pouvons vouloir pour nostre bonheur. Quatriemement:
que par ces sentimens nous pouvons estre heureux icy bas, par avance, avant
que de gouster tout ce que Dieu nous a preparé: au lieu que ceux qui sont mécontents
s'exposent à perdre volontairement tout ce que Dieu a bien voulu leur donner. Et on peut
dire, que cette résignation de nostre volonté à celle de Dieu auquel nous avons tout sujet
de nous fier suit du veritable amour divin, au lieu que le mécontentement et le chagrin
même dans les choses mondaines tiennent quelque chose de la haine envers Dieu ce qui
est le dernier des malheurs. Cinquièmement: que nous devons témoigner l'amour
supreme que nous portons à Dieu, par la charité que nous devons au prochain. Et nous
devons faire tous les efforts imaginables pour contribuer quelque chose au bien public.
Car c'est Dieu qui est le Seigneur, c'est luy à qui le bien public appartient comme en
propre, et tout ce que nous ferons au moindre de ses sujets, qu'il a la bonté de traiter de
freres, sera fait à luy: d'autant plus prendrat-il sur luy ce qui contribuera au bien general.
Sixièmement:
Po. Voilà des maximes veritablement belles et genereuses, et je voy bien qu'elles combattent directement cette indifference dans la quelle je m'allois plonger sans vostre secours. Car si Dieu prend en main le fait et la cause du public, il ne faut pas craindre d'obliger un insensible; et si nos ames seront tousjours des membres de cette republique des esprits, nous devons prendre part à ce qui touche à la posterité; enfin si toutes les perfections acquises une fois se conservent et se multiplient d'une certaine façon, nos connoissances ne mourront pas avec nos corps, et nous n'aurons pas sujet de regretter nos travaux. Vous m'avés rendu la vie, mon cher Theophile, car la vie que j'allois mener faineante et negligée ne valoit pas mieux que la mort: je reprends vigueur maintenant, je reviens à mes desseins; je voy que la vertu et la gloire ne sont pas des chimeres. Je reconnois que ces chansons ordinaires de la misere de la vie empoissonnent nostre satisfaction, et nous trompent étrangement. Au lieu qu'il faut considerer que nous sommes les plus parfaits et les plus heureux parmy les creatures connues, ou au moins qu'il ne tient qu'à nous de l'estre, felices nimium sua qui bona norint. Après cela ne nous plaignons plus de la nature; aimons ce Dieu qui nous a tant aimé: et sçachons enfin une fois pour toutes que la connoissance des grandes verités, l'exercice de l'amour divin et de la charité; les efforts qu'on peut faire pour le bien general [pour] soulager des maux des hommes, contribuer au bonheur de la vie, avancer les sciences et arts; et tout ce qui sert pour s'acquerir une veritable gloire et pour s'immortaliser par des bienfaits, sont des acheminemens à cette felicité, qui nous approchera de Dieu autant que nous en sommes capables et qu'on peut traiter en quelque façon, d'apotheose. FIN