Series VI Band 4 · No. 222₂.
Randbemerkungen und Unterstreichungen
RANDBEMERKUNGEN UND UNTERSTREICHUNGEN
[p. 11 sq.] Les causes posées, l'effet se fait naturellement au sujet disposé.
Possible naturel est ce dont les causes sont en la nature; ce qui arrive d'ordinaire, et
qui n'est pas au dessus du pouvoir de la nature,
[p. 12] Tout possible intellectuel n'est pas possible naturel; mais tout possible
naturel est aussi possible intellectuel.
[p. 77] On peut icy remarquer qu'Euclide n'a pas prouvé exactement sa
~~premiere proposition*; car il n'a pas demandé qu'on puisse décrire un cercle en un*
*plan donné; ce qui est necessaire pour faire que les circonferences de deux cercles
s'entrecoupent. On peut dire aussi que les Geometres ont tort de faire scrupule d'admettre
en un plan la possibilité des lignes qui se forment par des mouvemens composés, ou par
des sections de cones, comme les Conchoïdes, les Ellipses, etc. car intellectuellement
elles ne sont pas moins possibles que les circonferences des cercles, et que les lignes
droites; et sensiblement les unes et les autres sont impossibles, ou du moins leur exactitude
ne peut estre discernée.
[p. 85 sq.] Il faut donc, ou par des lignes paralleles, ou par des perpendiculaires, ou par des cercles, etc. tâcher de découvrir quelque connexité de la proposition avec ce qui nous est connû: et souvent on pourra y réüssir, pourveu (comme il a esté dit) qu'on ait la connoissance de plusieurs principes receus, et de plusieurs propositions prouvées, et quelque usage du raisonnement; ou même l'adresse d'inventer de nouveaux principes, si ceux qui sont connus et receus ne suffisent pas. ~~Mais il est tres difficile d'enseigner par quelles lignes* ou par quelles figures, on en pourra venir à bout; ny mesme les lignes étant tirées, de donner une methode infaillible pour voir les consequences et la connexité de ce qui est proposé, avec les principes. C'est pourquoy Pythagore, à ce qu'on dit, fit un sacrifice aux Muses, pour avoir trouvé la demonstration d'une proposition, en tirant de certaines lignes; reconnoissant que ce n'estoit pas l'effet d'une science infaillible, mais de quelque sorte d'inspiration divine; de mesme que les anciens Poëtes rapportoient aux inspirations des Muses, l'invention de leurs belles Poësies.
[p. 124] Il faut aussi remarquer qu'on ne peut prouver un effet naturel*
*par les seuls principes intellectuels, si ce n'est lorsque tout est égal
de part et d'autre; car en ce cas l'experience n'est pas necessaire:
comme, cette demande d'Archimede, *les poids égaux en distances égales,
pesent également*, peut passer pour un principe intellectuel; car où*
~~*prendroit-on l'inégalité, et d'où pourroit-elle proceder, puisque tout
est pareil de part et d'autre?* Mais cette autre demande, les poids égaux en
distances inégales, pesent inégalement, a besoin d'experience.
[p. 126] Lorsque l'on demande, si une chose est, comme, si ce que nous appellons le
Soleil, est une chose qui existe veritablement; les principes pour le connoître et pour le
prouver, sont la troisiéme
[p. 165 sq.] Enfin s'il [scil. le terme moyen] est l'attribut en la Majeure, et l'attribut
[p. 231 sq.] Quoy que l'imagination soit nommée à cause des images, et des figures des choses apperceuës par les yeux qu'elle nous represente; elle ne laisse pas de nous representer les autres sensations, mais sous des idées qui ne sont nullement des images, comme les idées des odeurs, des douleurs, etc. Le toucher peut toutefois faire concevoir une figure; mais la plûpart de ces idées, particulierement celles qui procedent de l'imagination active, sont souvent bien difficiles à expliquer par nos discours, et nous disons aussi tres-souvent des choses que nous ne concevons pas. Il est bon de remarquer qu'il y a des fausses apparences de l'imagination, qu'il ne faut pas tâcher de détruire; en voicy un exemple. ~~Lors qu'on ouvre la bouche, il est certain que ce n'est que la partie inferieure qui se baisse*; mais parce que cette idée pourroit choquer nostre imagination, nous sommes naturellement disposez à croire que nous ouvrons également la bouche vers le haut et vers le bas: c'est encore par la mesme raison que s'il est vray que la terre se meuve, l'apparence de son mouvement rapide nous est cachée, parce qu'elle nous feroit frayeur.