Series II Band 3 · No. 81.
LEIBNIZ AN FRANCISCUS MERCURIUS VAN HELMONT
Hannover, 18. (28.) Oktober 1696. [80.87.]
Extrait de ma reponse Hanover 18 Octobr. 1696
Je vous remercie, Monsieur des Aphorismes chymiques[,] du titre Anglois du livre de l'enfer, et des deux cens problemes faits en faveur de la revolution. J'auray soin d'envoyer à Mons. le professeur Hart pour M. le duc Rudolfe Auguste, les supplemens de l'Harmonie des Evangelistes de Monsieur de Rosenroth et je feray savoir à M. le duc Antoine Ulric ce que vous voulés faire de l'autre ouvrage dont le titre est Messias puer.
Je voy que les Aphorismes qui demandent que
Je souhaitte que quantité de belles pensées, que vous avés encore dans la metaphysique, physique, mecanique, morale, se publient de vostre vivant. Car quoyque rien ne se perde dans le monde. Neanmoins si elles se publient plus tost, elles pourront encore fructifier.
Comme presque tous vos 200 problemes sont fondés sur la Sainte Ecriture, Mad. l'Electrice, qui aimeroit mieux de voir comment on pourroit encor confirmer d'avantage vos sentimens par la raison, souhaitteroit une centaine ou deux de preuves fondées sur la raison, sur l'ordre et sur l'experience. Et comme les problemes n'ont point de liaison entre eux, et sont autant de pieces detachées, Elle seroit bien aise de voir quelque chose de semblable à l'égard des raisons. Et je me souviens, Monsieur, de vous en avoir deja parlé. Il suffiroit, que vous prissiés un papier, et sans vous attacher à le remplir tout d'un coup par une Meditation suivie, qui vous fatigueroit aussi bien que les lecteurs peu stylés aux meditations, vous pourriés marquer sur ce papier de temps en temps des preuves detachées, ou indices, à mesure qu'elles vous tomberoient dans l'esprit, sans vous mettre en peine de l'ordre, ny de la liaison qu'il vous seroit aisé de leur donner par après, s'il en estoit besoin, après avoir amassé la matiere, d'autant plus, qu'il n'y a rien qui presse etc.
Mad. la duchesse d'Orleans allegue contre vostre exemple des lievres, l'experience contraire des lieux de sa connoissance, où on les a detruits à force de chasser. Mais tout doit estre entendu avec moderation. Les Espagnols ont bien detruit les hommes de quelques Isles de l'Amerique. La question est seulement, s'il est vray selon vostre sentiment, que lors qu'on laisse assez de quelque espece, pour propager la race, les naissances sont plus frequentes après une grande mortalité. C'est un fait, qui meriteroit une verification plus exacte.
Les recits de Madame vostre parente, et de la fille de Mons. de Rosenroth sont curieux et
extraordinaires et Mad. l'Electrice en fera part à Madame d'Orleans.