Series II Band 3 · No. 7.
LEIBNIZ AN HENRI BASNAGE DE BAUVAL
[Hannover,] 28. Januar (7. Februar) 1695. [2.14.]
[L1 ]
Extrait de ma reponse
Je vous envoye icy une lettre sur une contestation militaire. Elle a esté ecrite depuis peu par un Officier du premier rang, et des plus experimentés; qui sert à un grand prince et qui s'est trouvé aux Paysbas dans une conversation des Generaux où cette Matiere fut agitée. Comme il y en a gueres d'exemplaires, et que c'est tout autant que si c'estoit un Ms. je crois que vous la pourriés quasi inserer dans un de vos mois. Celuy qui a traduit les Memoires de Melleville, est M. Smith envoyé de S.A.E. à la Cour de Suede. J'ay de temps en temps l'honneur de ses lettres.
J'ay lû la troisieme partie de l'Histoire d'Angleterre du P. d'Orleans. Elle est considerable, parceque des personnes des mieux instruites luy ont fourni des notices. Et quoyqu'il soit aisé de juger, qu'il a fait pancher les narrations en leur faveur, je ne laisse pas de souhaitter, qu'on en pût avoir beaucoup de semblables sur les affaires du temps.
Il n'y a point eu de contestation sur l'examen des lettres de feu M. Conringius. Il y avoit des endroits trop hardis dans celles qu'on a deja donné au public. C'est pourquoy on a ordonné à celuy qui les a de n'en donner qu'après une censure preallable. Je fus chargé moy même de dire mon sentiment sur ce livre.
Mons. Chapuzeau tout aagé qu'il est, ne laisse pas de se bien porter, et de faire esperer un bon succes de son grand dessein.
Vous aurés vû le Journal de Hambourg. Je m'etonne qu'on y critique si sechement M. de la Placette, qui ne paroist pas avoir tant de tort.
J'ay demandé nouvelles de mes animadversions, de Mons. Nieuwentid, du traité philosophique de M. Hugens.
[L2 ]
Mons. Moetjens libraire à la Haye a dit à mes amis, qu'il fait reimprimer mon Code diplomatique. Je trouve cela un peu estrange. Et je ne sçay s'il y trouvera son compte, en ne point communiquant avec moy. Ce qui seroit le plus raisonnable. Et il y auroit peutestre moyen de s'accommoder, d'autant plus que j'ay encor tant d'autres pieces qui pouvoient entrer dans le premier Tome, et qui ne cedent gueres à celles que j'ay données. Faites moy la grace Monsieur de luy en parler à fonds, et celle de m'en informer au plus tost.
Extrait de ma lettre à Mons. Bauval 28 janvier 1695