Series II Band 3 · No. 193.

LEIBNIZ AN FRIEDRICH BOGUSLAV DOBRZENSKY

[Hannover, 25. Dezember 1698.] [60.]

French

Monsieur

Je Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: A Monsieur Monsieur de Dobrzenski grandMaistre de la maison etc. suis faché, qu'il faut que je vous dise que Vous ne serés plus ennuyé par nostre bon homme Monsieur d'Helmont. Malgré toute la consideration que j'ay, Monsieur, pour vos interests, j'eusse souhaitté, qu'il vous eût endormé encor bien des fois. Vous auriés fait volontiers ce petit sacrifice à Mesdames les Electrices, qui avoient de l'amitié et de l'estime pour luy et qui se plaisoient à l'entendre quelques fois. Et en effect Elles avoient raison en cela, comme en toute autre chose c'estoit un homme rare en bien des façon. Il avoit une afinité de bonnes connoissances; et non obstant sa religion fort eloignee de celle qui est receue, il estoit des plus honnestes hommes, et des meilleurs amis que j'aye connu. Et si l'age luy avoit osté l'agrement, le merite y suppleoit abondamment. En fin Mad. de Mozfeld sa parente, m'a notifié sa mort; dont je suis bien faché, et Mad. nostre Electrice aussi, qui en a receu une lettre de la même Dame. Une colique le surprit la nuit, on luy donna un verre de vin sec qu'il demanda, et on se retira en luy laissant de la lumiere parcequ'il le voulut. Mais en revenant on le trouva sans sentiment; il demeura pourtant plusieurs heures en cet estat, et enfin il expira le lendemain. Mad. de Mozfeld me demande une Epitaphe. Voicy ce que j'ay fait. Nil patre inferior jacet hic Helmontius alter Qui junxit varias mentis et artis opes Per quem Pythagoras et Cabbala sacra revixit «Quisque» Leontinus cuncta sibi ipse dabat Quodsi Graja virum tellus et prisca tulissent secula, nunc inter lumina prima foret.

J'apprends que leur Serenités Electorales vont en Prusse, et y pourront rester un temps considerable. Cela m'a donné la pensee de faire auparavant un petit tour à Berlin, pour icy faire ma Cour. Je m'imagine que ce sera la semaine qui vient. Mais comme ce n'est pas encor une chose seure, je n'en ay presque parlé encor icy, qu'à de «Serenité» Monsign l'Electeur et à Mad. l'Electrice. Et je vous supplie Monsieur de temoigner par avance ma devotion à la Serenité Electorale de Madame vostre ou plustost encor nostre incomparable Electrice. Et de me faire la grace de me compter tousjours absolument pour

Vostre etc.