FrenchLe 12 de Sept.
Il Am Kopf der Seite von Leibniz' Hand: resp. est vrai Monsieur qu'il y a long temps que je ne vous ay ecrit, et je vous en demande
pardon. Mais en verité mes occupations ne me laissent presque pas le loisir de m'acquitter de ce
que je dois. Je vous prie donc de m'excuser si je suis si peu regulier. J'ay montré votre memoire
à M. Bayle qui vous en ecrit lui même. Il sera inseré dans le premier quartier du Journal; c'est à
dire celui qui paroîtra au commencement du mois d'octobre. Pour vous Monsieur il me semble
que vous me negligez un peu; puisque nous n'avons point vu icy vos Accessiones historicae
dont vous me parlez, ni le supplément que vous venez de publier. Vous devriez du moins en
faire passer quelques exemplaires dans ces Provinces, et ne nous priver pas de l'utilité des vos
soins. Pardon de la liberté que je prends de vous faire ce petit reproche. Le recueil des traitez de
paix va bientôt paroître. Il sera de 4 volumes in folio. On commence effectivement par
l'alliance de Dieu avec les hommes; comme etant le premier Traité de paix qui se soit fait. Je ne
doute pas qu'il n'y ait bien des choses à suppléer; mais vous jugez bien que 4 gros volumes
contiendront bien des Traitez. Avant la paix le debit en eût eté plus prompt. On travaille à
l'impression des pieces qui concernent la paix de Reswick. Dans quelques mois cela sera
achevé. La traduction des Lettres de du Vargas est achevée. Il y a à la tête une preface de M. le
Vassor. Nous sommes en effet dans un temps où les Dictionnaires se multiplient beaucoup.
C'est une methode commode et aisée pour s'instruire en peu de temps de ce que l'on veut
sçavoir. Je travaille avec une grande application à la revision du dictionnaire de Furetiere, qui
sera augme«nté» presque de la moitié. On imprime la lettre D. C'est un prodigieux travail. Dans
peu de jours M. Leers debitera l'Histoire d'Angleterre en 2 vol. in folio par M. de Larrey. C'est
un bon ouvrage. J'ay vu icy M. Bernoulli de Groninghen. C'est d'une conversation agreable et
ouverte. Je lui donnai le livre de M. Hugens qui venoit alors de paroître. Vous ne m'en dites
rien. Je m'imagine que la 2e partie vous aura plus attaché que la premiere. Adieu Monsieur.
Soyez persuadé que je vous estime tres sincerement, et que l'on ne peut être plus que je le suis
Votre tres humble et tres obeyssant serviteur Basnage de Bauval
A Monsieur Monsieur de Leibnits Conseiller de S.A.E. A Hanover