Series II Band 2 · No. 230.

SIMON FOUCHER AN LEIBNIZ

Paris, 15. Juli 1693. [226.234.]

French

de Paris le 15 Juillet 1693.

Je vous reponds, Monsieur, positivement et par avance, puisque vous le souhaitez. Il y a 5 jours que j'ay receu vostre derniere. 1o J'ay donné vostre Reponse à Mr le President Cousin. 2o Il a mis dans le journal du 2 de juin 1692 un extrait de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'ecrire. 3o J'ay fait reponse à cette lettre dans la quelle il est parlé des axiomes que vous scavez, natura non agit saltatim, et extrema in idem recidunt. La quelle Reponse est inserée dans le journal du 16 Mars 1693, de sorte que la piece que vous m'avez envoyée novissime vous tiendra lieu de Replique. 4o Je crois que vous aurez vu l'extrait de Mr l'Abbé Nicaise, qui contient vostre jugement sur les ouvrages de Descartes, il est inseré dans un journal de cette année. 5o La piece que vous avez envoyée à Mr. Pelisson a esté inserée aussi dans le 1er journal de janvier 1693. Toutes ces pieces, comme je pense, Monsieur, ne vous doivent point inquieter car elles ne vous font point déshonneur et je scais que les Scavans les estiment. Vostre Mechanique ou Dynamique a esté mise, de la part de Mrs de l'Academie, entre les mains de Mr de Varignon, le quel a ecrit son sentiment sur vostre ouvrage et ne le fera point imprimer sans vous l'avoir fait scavoir à ce que m'a dit Mr l'Abbé Galois, le quel est toujours disposé à mettre dans ses memoires les pieces qu'il vous plaira de luy envoyer. Il faut, si vous le trouvez bon, les addresser à Mrs de l'Academie, et les reduire en forme de lettre. Je les donneray a Mr l'Abbé Galois et auray soing qu'elles soient dans les memoires de l'Academie. Vous me mendez que vous m'envoyez une 2. fois vostre reponse pour le journal. Mais je ne l'ay receu que cette seule fois. Mr l'Abbé Galois a receu vostre lettre de Mr Pelisson.

Mr Lantin s'est defait de sa charge et l'a remise à son fils. Il travaille presentement à faire ses remarques sur Diogene Laerce, il les nomme son Spicilegium. Il travaillera après à son histoire du plaisir et de la douleur, mais il me mende qu'il doute fort si vous aprouverez son dessein. Il ecrira à la maniere du chancelier Bacon; par observations, histoires et remarques. Je suis fort de vostre avis Monsieur, qu'il seroit à souhaiter qu'il nous donnast de son vivant un Lantiniana. Ce seroit l'un des bons livres que l'on pourroit avoir. Car il a fait d'excellentes reflections sur diverses choses. Il voudroit bien aussi luy et moy que vous en fissiez de mesme quelque jour. Pour eviter les transitions et la gehenne des divisions de matieres le plus court est de dire tout franc ce que l'on pense, sans autre ajustement. Mais souvent la prudence ne le permet pas. Je le presseray de nous communiquer ce qui luy reste des memoires de feu Mr de Saumaise et de Mr de la Marre. Vous aurez bientost comme j'espere, un 4. livre de Dissertations sur la philosophie des Academiciens. Il y sera traitté des premieres Notions, le tout dans l'estenduë de deux fueilles, en petit romain. Je vous envairrois volontiers les memoires de Mr d'Avranches sur l'histoire des Cartesiens. Je n'en ay qu'un exemplaire dont l'Auteur m'a fait present. S'il estoit à Paris je luy en demenderois un pour vous. La vie du Cardinal Ximenes est imprimée et on commence de l'exposer en vente. Il y en a deux de 2 auteurs qui paroissent en mesme tems. Celle d'Anisson a esté faitte par Mr l'Evesque de Nimes, et l'autre par un chanoine d'Usez. Vostre projet, Codex juris gentium diplomaticus a esté inseré dans le journal. Je vous ay donné la connoissance de Mr Bulteau Secretaire du Roy, tres habile en histoire. Il m'a promis qu'il vous ecriroit. Je donneray cette lettre à Mr Brosseau, qui m'a fait la faveur de m'envoyer les vostres et la derniere nouvellement.

Je suis, Monsieur, vostre tres humble et tres obeissant serviteur Foucher Am Rande: J'auray l'honneur de voir Mr de Laloubere, et tacheray de le connoistre. Je le priray de vous faire reponse.

A Monsieur Monsieur de Leibniz. À Hanovre.