Series II Band 2 · No. 228.
JACQUES-BENIGNE BOSSUET FÜR LEIBNIZ
[Meaux, Ende Juni bis Mitte August 1693.] [222.242.]
Sur l'essence des Corps
Toutes les fois que M. Leibniz entreprendra de prouver que l'essence du Corps n'est pas dans l'etendüe actuelle non plus que celle de l'ame dans la pensée actuelle, je me declare hautement pour luy. J'ay mesme travaillé sur cela et je pretends pouvoir demonstrer par M. Descartes qu'il n'a point un autre sentiment que celuy de l'ecole. En cela donc comme en beaucoup d'autres choses ses Disciples ont fort embroüillé les idées de leur maistre. Les siennes mesme n'ont pas esté fort nettes lors qu'il a conclu l'infinité de l'etendüe par l'infinité de ce vuide qu'on imagine hors du monde. En quoy il s'est fort trompé et je croy que de son erreur on pour[r]oit induire par consequences legitimes l'impossibilité de la creation et de la destruction des substances quoi que rien au monde ne soit plus contraire à l'idée de l'estre parfait que ce Philosophe prend pour principal moyen de l'existence de Dieu.
Quant au surplus de la Dynamique je m'en instruirai avec plaisir. Car autant que je suis ennemi des nouveautez qui ont rapport avec la foy autant suis-je favorable s'il est permis de l'avouer à celles qui sont de pure Philosophie par ce qu'en cela on doit et on peut profiter tous les jours tant par le raisonnement que par l'experience.