Series II Band 2 · No. 2.

LEIBNIZ AN LANDGRAF ERNST VON HESSEN-RHEINFELS FÜR AN­TO­INE ARNAULD

[11. Februar 1686.] [1.3.]

French

1) De la perfection divine, et que Dieu fait tout de la maniere la plus souhaittable.

2) Contre ceux qui soutiennent qu'il n'y a point de bonté dans les ouvrages de Dieu; ou bien que les regles de la bonté et de la beauté sont arbitraires.

3) Contre ceux qui croyent que Dieu auroit pû mieux faire.

4) Que l'amour de Dieu demande une entiere satisfaction et acquiescence touchant ce qu'il fait.

5) En quoy consistent les regles de perfection de la divine conduite, et que la simplicité des voyes est en balance avec la richesse des effects.

6) Que Dieu ne fait rien hors de l'ordre et qu'il n'est pas mêmes possible de feindre des evenemens qui ne soyent point reguliers.

7) Que les miracles sont conformes à l'ordre general, quoyqu'ils soyent contre les maximes subalternes. De ce que Dieu veut ou qu'il permet, et de la volonté generale ou particuliere.

8) Pour distinguer les actions de Dieu et des creatures on explique en quoy consiste la notion d'une substance individuelle.

9) Que chaque substance singuliere exprime tout l'univers à sa maniere, et que dans sa notion tous ses evenemens sont compris avec toutes leurs circomstances, et toute la suite des choses exterieures.

10) Que l'opinion des formes substantielles a quelque chose de solide, mais que ces formes ne changent rien dans les phenomenes, et ne doivent point estre employées pour expliquer les effects particuliers.

11) Que les meditations des Theologiens et des philosophes qu'on appelle scholastiques ne sont pas à mépriser entierement.

12) Que les notions qui consistent dans l'etendue enferment quelque chose d'imaginaire et ne sçauroient constituer la substance du corps.

13) Comme la notion individuelle de chaque personne enferme une fois pour toutes ce qui luy arrivera à jamais; on y voit les preuves a priori ou raisons, de la verité de chaque evenement, ou pourquoy l'un est arrivé plus tost que l'autre. Mais ces verités quoyque asseurées ne laissent pas d'estre contingentes estant fondées sur le libre arbitre de Dieu et des creatures. Il est vray, que leur choix a tousjours ses raisons, mais elles inclinent sans necessiter.

14) Dieu produit diverses substances selon les differentes veues qu'il a de l'univers, et par l'intervention de Dieu la nature propre de chaque substance porte que ce qui arrive à l'une répond à ce qui arrive à toutes les autres, sans qu'elles agissent immediatement l'une sur l'autre.

15) L'action d'une substance finie sur l'autre ne consiste que dans l'accroissement du degré de son expression jointe à la diminution de celle de l'autre, en tant que Dieu les a formé par avance en sorte qu'elles s'accommodent ensemble.

16) Le concours extraordinaire de Dieu est compris dans ce que nostre essence exprime, car cette expression s'étend à tout, mais il surpasse les forces de nostre nature ou de nostre expression distincte qui est finie et suit certaines maximes subalternes.

17) Exemple d'une Maxime subalterne du loy de Nature, où il est monstré que Dieu conserve tousjours regulierement la même force, mais non pas la même quantité de mouvement, contre les Cartesiens et plusieurs autres.

18) La distinction de la force et de la quantité de mouvement est importante, entre autres pour juger qu'il faut recourir à des considerations metaphysiques separées de l'etendue à fin d'expliquer les phenomenes des corps.

19) Utilité des causes finales dans la physique.

20) Passage memorable de Socrate dans le Phedon de Platon contre les philosophes trop materiels.

21) Si les regles mecaniques dependoient de la seule Geometrie sans la metaphysique les phenomenes seroient tout autres.

22) Conciliation de deux voyes dont l'une va par les causes finales, et l'autre par les causes efficientes, pour satisfaire tant à ceux qui expliquent la nature mecaniquement qu'à ceux qui ont recours aux natures incorporelles.

23) Pour revenir aux substances immaterielles on explique comment Dieu agit sur l'entendement des esprits et si on a tousjours l'idée de ce qu'on pense.

24) Ce que c'est qu'une connoissance ou obscure, distincte ou confuse, adequate, ou inadequate, intuitive ou suppositive; definition nominale, reelle, causale, essentielle.

25) En quel cas nostre connoissance est jointe à la contemplation de l'idée.

26) Nous avons en nous toutes les idées, et de la reminiscence de Platon.

27) Comment notre ame peut estre comparée à des tablettes vuides, et comment nos notions viennent des sens.

28) Dieu seul est l'objet immediat de nos perceptions qui existe hors de nous et luy seul est nostre lumiere.

29) Cependant nous pensons immediatement par nos propres idées et non par celles de Dieu.

30) Comment Dieu incline nostre ame sans la necessiter; qu'on n'a point de droit de se plaindre; qu'il ne faut pas demander pourquoy Judas peche, puisque cette action libre est comprise dans sa notion; mais seulement pourquoy Judas le pecheur est admis à l'existence preferablement à quelques autres personnes possibles. De l'imperfection ou limitation originale avant le peché, et des degrés de la grace.

31) Des motifs de l'election, de la foy preveue, de la science moyenne, du decret absolu, et que tout se reduit à la raison pourquoy Dieu a choisi et resolu d'admettre à l'existence une telle personne possible, dont la notion enferme une telle suite de graces et d'actions libres. Ce qui fait cesser tout d'un coup les difficultés.

32) Utilité de ces principes en matiere de pieté et de religion.

33) Explication du commerce de l'ame et du corps qui a passé pour inexplicable ou pour miraculeux, et de l'origine des perceptions confuses.

34) De la difference des esprits et des autres substances, ames ou formes substantielles. Et que l'immortalité qu'on demande importe le souvenir.

35) Excellence des Esprits; que Dieu les considere preferablement aux autres creatures; que les Esprits expriment plustost Dieu que le monde, et que les autres substances simples expriment plustost le monde que Dieu.

36) Dieu est le monarque de la plus parfaite republique composée de tous les Esprits et la felicité de cette Cité de Dieu est son principal dessein.

37) Jesus Christ a decouvert aux hommes le mystere et les loix admirables du Royaume des Cieux et la grandeur de la supreme felicité que Dieu prepare à ceux qui l'aiment.