Series II Band 2 · No. 116.

LEIBNIZ AN MICHEL ANGELO FARDELLA

[Hannover, 22. Juni 1691.] [110.118.]

French

Extrait de ma reponse

Quant à la construction des Equations, j'ay inventé un instrument quel estant fait une fois serviroit à toutes les Equations qui ne passent pas un degré limité par la grandeur de l'instrument, au lieu que l'instrument de des Cartes ne sert qu'à trouver les moyennes proportionelles c'est à dire à resoudre les Equations, qui n'ont que deux termes. J'ay aussi inventé un moyen de me servir dans le Calcul d'Algebre ou de la specieuse de tous les avantages de la preuve de l'Abjection Novenaire.

L'Espace selon moy n'est pas une substance, non plus que le temps. Et je crois qu'effectivement il ne se trouve point de vuide; quoyque l'essence de la matiere ne consiste pas dans l'étendue.

Nos idées viennent sans doute de Dieu, parceque nous l'exprimons en quelque façon, et même nous exprimons l'infinité de Dieu quoyque d'une maniere confuse. Les idées de toutes choses sont en nous, quoyqu'elles ne soyent developpées que dans les sciences demonstratives.