Series II Band 1 · No. 165.
LEIBNIZ AN HENRI JUSTEL
4. (14.) Februar 1678. [154.]
Extrait d'une de mes lettres à M. Justel 4 Fevrier 1678.
[ ... ] Les oeuvres posthumes de feu M. Spinosa ont esté enfin publiées. La plus considerable partie est Ethica, composée de 5 traités, de Deo, mente, affectibus, servitute humana seu de affectuum viribus, libertate humana seu de potentia intellectus. J'y trouve quantité de belles pensées conformes aux miennes, comme sçavent quelques uns de mes amis qui l'ont aussi esté de Spinosa. Mais il y a aussi des paradoxes que je trouve ny veritables ny même plausibles. Comme par exemple non nisi unicam esse substantiam, nempe Deum, Creaturas *esse Modos seu accidentia Dei. Mentem nostram nihil amplius percipere post hanc vitam. Deum ipsum cogitare quidem sed tamen nec intelligere nec velle. Omnia fieri fatali quadam necessitate. Deum non agere ob finem sed quadam naturae necessitate. Quod est verbo relinquere, re tollere providentiam et immortalitatem.* Je tiens ce livre dangereux pour des gens qui se voudront donner la peine de l'approfondir. Car les autres n'ont garde de l'entendre.