Jaquelot an Leibniz
Du 4 Avril 1706
Briefwechsel zwischen Leibniz und Hartsoeker. 1706-1712.
Einleitung 485
1706-1712.
Nikolaus Hartsoeker (geb. 1656 zu Gouda in Holland, gest. 1725 zu Utrecht) lebte seit dem Jahre 1704 im Dienst des Churfürsten von der Pfalz in Düsseldorf. Auf seinen Reisen durch Deutschland wurde er in Hannover mit Leibniz bekannt, der ihn am dortigen Hofe vorstellte.
Hartsoeker widmete sich anfangs besonders physikalischen, namentlich optischen Untersuchungen. In der Schrift: Essai de Dioptrique, Paris 1694, behandelte er aber nicht blos die Dioptrik, er entwickelte darin zugleich eine allgemeine Theorie der Naturgesetze, wobei er viele unhaltbare Hypothesen aufstellte. Indem er diese in seinen 1696 erschienenen Principes de physique weiter auseinander setzte und vertheidigte, wobei er die höchsten Autoritäten der Wissenschaft schonungslos angriff, zog er sich viele Feinde zu. —
Hartsoeker’s Correspondenz mit Leibniz beginnt im Jahre 1706; die ersten Briefe sind wesentlich physikalischen Inhalts und werden deshalb hier übergangen. Erst im Jahre 1710, als die Schrift Hartsoeker’s: Eclaircissemens sur les conjectures physiques, erschien, erhält der Briefwechsel zwischen Leibniz und ihm einen allgemeineren Charakter. Leibniz hatte behauptet, es gebe keine vollkommen feste Atome, ebenso wenig sei das erste Element der Materie vollkommen flüssig; die Festigkeit der Körper sei mit Hülfe der Mechanik zu erklären,
durch Bewegungen der Theile, die ihrer Sonderung entgegenwirken (motus conspirans, d.i. Cohäsion). Darauf erwidert Hartsoeker, daß eine solche Bewegung nichts anderes sei, als die von Cartesius angenommene Ruhe. In Folge dieser Einwürfe sieht sich Leibniz veranlaßt, in einer sehr ausführlichen Entgegnung vom 30. October 1710 Hartsoeker über sein System Aufklärung zu geben. Als Centralpunkte dieser Erklärungen dürfte das Folgende hervorzuheben sein: Il est aisé de faire des fictions, mais il est difficile de les rendre raisonnables, c’est à dire de montrer qu’il y en a, ou moins qu’il y en peut avoir une raison. Les Atomes sont une telle fiction; un premier Element qui soit parfaitement fluide, en est une autre. La parfaite fluidité est aussi deraisonnable que la parfaite dureté. Il n’y a rien de tel dans la nature, et au lieu de cela il y a une infinité de degrés de consistence, de telle sorte que tout corps a un degré de fluidité et un degré de fermeté par rapport à d’autres et comparativement. En avoir un autre sentiment, est choquer cette maxime de la nature, que rien ne s’y fait per saltum.
Dieu est par tout, et il fait voir par tout des marques de sa sagesse. Et cela seul suffit pour exclure les Atomes. Il n’y a point de partie de la matiere qui ne soit cultivée, et qui n’enferme un monde entier de creatures differentes, rien n’estant grand ou petit que par comparaison, de sorte qu’une parcelle telle que l’Atome, est aussi considerable en elle même et par rapport à d’autres moindres à proportion, et par consequent devant Dieu, que tout notre systeme visible le pourroit etre par rapport à elle.
Les Atomes sont l’effect de la foiblesse de nostre imagination, qui aime à se reposer et à se hater à venir à une fin dans les sousdivisions ou analyses; il n’en est pas ainsi dans la nature qui vient de l’infini et va à l’infini. Aussi les Atomes ne satisfont ils qu’à l’imagination, mais ils choquent les raisons superieures.
Von der Correspondenz zwischen Leibniz und Hartsoeker sind die drei Briefe XI. XII. XIII. in dem Journal de Trevoux des Jahres 1712 veröffentlicht. Diese drei Briefe, sowie alle übrigen erscheinen hier nach den in der Königlichen Bibliothek zu Hannover vorhandenen Originalen abgedruckt.
Leibniz an Hartsoeker. Berlin 12 Decembr. 1706. Mit Beilage datirt 4 Octobr. 1706. 488
Berlin 12 Decembr. 1706.
Je suis ravi de l’honneur de vostre connoissance et vous dois des remercimens que je fais à present pour un present aussi beau que celuy de vostre ouvrage que j’ay eu de M. le Baron de Croseck. Je luy ay donné un echantillon de quelques reflexions, et je suis ravi d’apprendre qu’elles ne vous ont point deplû entierement. J’y joins un mot sur des points touchés dans vostre lettre, comme vous me l’ordonnés, mais sans vouloir entrer en dispute qui me paroist peu utile dans ces matieres qui ne sont pas encor assés eclaircies. Il nous est permis de faire des conjectures, mais il n’appartient qu’à la posterité de decider quand on aura un plus grand nombre d’experiences en main, et quand l’analyse qui n’est presque Geometrique jusqu’icy, sera poussée jusqu’à la physique.
Je suis persuadé, qu’il n’y a point d’Elemens des corps naturels, et je tiens que si nous pouvions sentir distinctement les petits corps, nous les trouverions variés comme les grands, et cela à l’infini. C’est l’effect de la sagesse et de la puissance d’un Auteur infini. J’ay marqué ailleurs mes sentimens sur les loix du mouvement. Quant à l’arc en ciel, je souhaiterois plustost d’entendre ce que vous avés à dire au sujet de l’explication des couleurs de M. Newton, qui différe de feu Mons. Mariotte, mon ancien ami, dans un grand point de fait. C’est que M. Newton soutient que les rayons des couleurs degagés du melange sont originaires et ne sont plus sujets au changement; au lieu que M. Mariotte pretend d’avoir experimenté que le rayon rouge par exemple que M. Newton compte pour simple, peut encor changer de couleur et donner du bleu ou du blanc. Mais comme M. Newton a fait un grandissime nombre d’experiences, il y a de L’apparence que son sentiment est le meilleur. Expliquer la lumiere, c’est expliquer la moitié de la nature du Feu.
Quant aux variations de l’aimant, qu’on n’a peutestre pas encor dechifrées, il faut continuer les observations comme M. Haley les a poussées, pour voir si son hypothese ou quelque autre est capable d’y satisfaire. Enfin quoyqu’il soit permis et même tres louable de prevenir les experiences par les conjectures et que celuy qui aura le plus approché de la verité, en aura cet honneur aupres de la posterité d’avoir deviné par avance ce qu’on apprendra un jour par des observations jointes à une analyse plus parfaite que la nostre: il seroit neantmoins à souhaiter que nous pussions deja jouir de cet avantage, et qu’il y eût quantité de personnes qui fissent comme vous avés fait avec M. Leewenhoek, ou comme feu Mess. Boyle et Hook ont fait autres fois. Et je tiens qu’on pourroit faire en dix ans par methode plus qu’on ne fera en cent, en allant à l’aventure. Mais je souhaiterois sur tout que preferablement à toute autre chose les habiles gens s’attachassent à cultiver la Medecine practique. Car quand je considere qu’on a deja un tres grand nombre de bonnes observations sur toute sorte de maladies, il semble qu’on en pourroit avoir des idées plus justes et en juger plus seurement qu’on n’a coustume de faire.
Le pretendu Comte Rugieri est encor en prison à Custrin, et sera reduit comme j’espere à faire une confession generale. Comme il s’est servi du Mercure dans sa projection, il y a lieu de croire que le Mercure estoit evaporé, et que l’or qu’il y peut avoir mis par adresse prit sa place. Les operations qu’un jeune garçon apothicaire a faites icy il y a environ six ou 7 ans, sont plus difficiles à dechifrer de toutes les manieres, car c’estoit un garçon neuf et simple, au moins en apparence, qui n’estoit presque point sorti de la boutique, et qui au lieu de chercher les grands, les fuyoit, son dessein estant d’etudier à Witenberg, où on l’arresta pour le ramener à Berlin; mais le Magistrat l’y retint et le livra au Roy Auguste, à qui il ne doit pas avoir fait encor beaucoup d’argent. Aussi quand ce que les Alchymistes debitent, seroit vray, il seroit tousjours difficile qu’un seul homme enfermé fit des grandes masses d’or. J’ay oublié de dire que l’operation pretendue de ce jeune garçon estoit sur des pieces de monnoye, qui font cuivre en bonne partie, et que le poids de l’or qui sortit du creuset, revint à celuy de ces pieces qui estoient 13 en nombre et dont chacune valoit 1/48 d’un écus, qu’un des assistans tira de sa poche, sans que le garçon pût prevoir, quel nombre et quelles pieces on luy donneroit. Mais avec tout cela les raisons generales contre ces pretendues transmutations ont plus de force que toutes ces raisons particulieres prises des exemples tous sujets aux doutes.
Comme l’on ne sait icy que peu de circomstances de l’Histoire de Rugieri, il semble qu’il seroit bon qu’on nous fournist des interrogatoires de Dusseldorp, pour le mieux examiner, car puisqu’il paroist que c’est un maistre expert en l’art usufurique, on pourra juger par luy de ses confreres anciens et modernes.
La Societé des Sciences qui est etablie icy pense à publier quelques Miscellanea de temps en temps. Comme vous en estes, Monsieur, et que vous avés bien des belles choses, on se flatte que vous voudrés bien envoyer quelque chose pour ce dessein, et si on le pouvoit avoir avant la fin de l’année, ce seroit tant mieux. Mais enfin vous estes le maistre et de la chose et du temps. Monsieur le Conseiller Cuno qui demeure à Berlin, le pourra recevoir. Je suis avec zele etc.
Beilage.
4 Octobr. 1706.
Je suis obligé à M. Hartsoeker du present exquis de la partie déja achevée de son ouvrage nouveau de physique, que Monsieur le Baron de Croseck a eu la bonté de me donner de sa part, en me marquant que l’auteur en desiroit mon sentiment, et demandoit même qu’on luy fit part de quelques reflexions venues dans la lecture.
Pour moy, je suis tousjours bien aise que des personnes d’une habilité distinguée publient leur conjectures dans une matiere si importante et si problematique, et bien loin de les décourager par des contradictions, il faut leur en rendre graces.
Cependant c’est pour obeir que je me hazarde de faire quelques petites remarques sur certains endroits, pour servir d’essay, sans vouloir estre trop prolixe et sans me vouloir enfoncer dans des matieres de discussion.
(1) Je ne say par où l’on juge (p.9) que nostre Atmosphere va audelà de la Lune et fait differens lits. Il semble que nos vapeurs ne vont pas fort loin, puisqu’ils pesent. La pesanteur et la densité de l’air même va en diminuant, non pas par lits, mais d’une maniere continuée.
(2) Pour dire (p.25) que Saturne apres la cheute de sa crouste est devenu plus pesant et est tombé vers le soleil, il faut supposer que les Planetes sont dans un Ether pesant, où ils sont soutenus par leur legereté, et que cet Ether est assez grossier, pour ne pas penetrer dans les pores d’une croûte aussi grande et aussi grossiere que devoit estre celle dont l’anneau est resté, ce qui ne paroist point vraysemblable ny analogique à ce que nous éprouvons icy.
(3) Il ne paroist pas que la largeur de la mer soit cause du flus et reflus prés de Venise. Il va en diminuant vers Ancone, et on en remarque aussi aux costés de la Palestine, à ce que je crois avoir lû.
(4) Je souhaiterois qu’on établist bien distinctement cette experience dont il est parlé p.94, que l’eau purgée d’air dans le vuide se condense en se gelant. Il me semble que la force avec laquelle l’eau qui se gêle rompt même un canon de fusil, ne doit pas estre attribuée à ce peu d’air qui en peut estre tiré par la Machine pneumatique, mais à quelque air plus caché qui se remue, lorsque l’eau se gele, et pourroit encor y faire des cavités capables de rendre la glace plus legere que l’eau.
(5) Il faudroit éprouver aussi ce qui est dit p.96, que la cuisson des viandes ne reussiroit point dans le vuide pneumatique: le contraire paroist plus vraisemblable.
(6) Les Chymistes ne divisent pas seulement le sel en acide et alcali (p.101), mais ils reconnoissent aussi des sels, qui ne sont ny l’un ny l’autre; tels sont les sels essentiels, et les sels qui se font par la saturation de l’alcali, comme le Tartre Vitriolé, outre qu’à proprement parler, le sel commun et le Nitre ne sont ny alcalis ny acides tout à fait. Aussi ay je du penchant à croire que ny l’un ny l’autre n’est point produit ou détruit par nos operations, mais seulement amassé ou dissipé.
(7) Au lieu de croire que la mer est salée par des rochers de sel dissouts (p.105), ma conjecture est que la mer est une lessive des sels qui sont restés d’un ancien incendie de la surface du globe de la terre.
(8) Les Humidités Mercuriales paroissent plus propres que les sels à faire la fonction de rouleaux dans le mouvement causé par la fusion des metaux. On attribue l’operation des sels fondans plustost à leur rigidité et à leur pointes.
(9) Apparemment le verre ardent, dans le foyer duquel on a tenu l’or des heures entieres, n’a pas esté des plus actifs (comme il est dit p.121), puisque l’or est demeuré sans alteration, car les verres ardens de M. Tschirnhausen vitrifient jusqu’à l’or.
(10) At-on quelque fondement pour dire p.132 que le Mal Venerien ne vient que de quantité de petits insectes invisibles? Le P. Kircher en disoit autant de la peste dans un livre exprés, mais il n’a point eu l’approbation des connoisseurs.
(11) L’on dit p.136 que l’Antimoine crud est dangereux: mais je say des exemples des gens qui l’ont pris en bonne quantité sans en ressentir du mal, de sorte qu’il paroist fort innocent dans cet estat.