Series VI Band 4 · No. 450.
Aus und zu Isaac Papin, Essai de théologie
[1687 (?)]
[1687 (?)]
Essai de Theologie sur la providence et sur la Grace,
[p. 3] Mons. Jurieu dit p. 131. que dans les exhortations il faut necessairement parler à la pelagienne.
[p. 74 sq.] M. Jurieu et le pere Malebranche disent, que nostre esprit allant à Dieu s'arreste aux creatures qui sont en son chemin. Mais il faut de la force pour s'arrester, et d'où viendroit elle.
[p. 96 sq.] L'auteur de ce livre paroist Arminien.
Il soutient p. 96. que l'etendue infinie est necessaire. Si un globe estoit seul dans le vuide, ayant une montagne sur luy, ce globe tournant sur son centre, la pointe de cette montagne decriva un cercle qui sera sans matiere. Le même se dira de deux pointes ou montagnes, qu'on peut joindre sur un même globe.
[p. 144] L'auteur dit p. 144 seqq. M. Jurieu dit p. 17. l'idée de la sagesse est qu'un estre voulant creer un monde dans la durée du quel doit arriver une infinité d'evenemens, il se fasse un projet et un plan, et qu'il ait devant les yeux le grand amas d'evenemens possibles, que de ces evenemens possibles il en choisisse ceux qui sont les plus propres pour son but principal, qu'il neglige les autres, qu'il place ceux qu'il choisit dans chacun leur lieu, icy le blanc, là le noir, icy le bien, là le mal, icy la vertu, là le crime, le tout pour arriver à la fin qu'il s'est proposée. ... [p. 146] Cependant M. Jurieu pretend nier ce que nous affirmons que Dieu est determiné par l'essence même de chaque sujet, à y travailler de telle ou de telle maniere, selon les choses aux quelles il les trouve propres, qu'il est determiné par la nature même de les causes secondes ou inferieures à les employer les uns à tels usages les autres à tels autres usages. ... [p. 150] C'est comme s'il disoit je ne veux pas donner l'existence à une telle essence possible, dont les proprietés sont telles mais à telle autre essence possible, dont les proprietés inseparables seront telles et telles.
[p. 151] Dieu est determiné par les essences mêmes des choses possibles au choix
qu'il en fait.
[Pref. K3 ro - K7 vo] On avoit condamné les propositions suivantes: il n'y a point de concours immediat, le peche originel consiste dans les dispositions aux faux jugemens.
Il suffit d'eclairer l'entendement pour entrainer la volonté, car la volonté suit tousjours le dernier dictamen de l'entendement practic.
La parole de Dieu prechée dans de convenables circonstances peut faire une grace irresistible, sans qu'on ait besoin d'une operation du S. Esprit distincte de l'efficace de la parole.
La Grace immediate a esté inconnue avant le 12e siecle. Innocent III. c. Majores de baptismo permet d'en douter, S. Thomas prit l'affirmative p. 3. q. 69. art. 4. 5. 6. Cette opinion fut declarée la plus probable par le Concile de Vienne Clem. un. de summ. Trin. Le concile de Trente y joignit l'anatheme sess. 6. tit. de justif. can. 2.
Sotus de Nat. et Grat. l. 2. cap. 17. 18. et Cano loc. Theol. lib. 7. cap. 2. Medina in l. 2. q. 51. ad artic. 4. Greg. de Val. in l. 2. q. 51. ad artic. 4. qui priores citat, negant articulum fidei esse dari divinos habitus infusos. Boileau Doctor Sorbonicus notavit doctrinam habituum infusorum, natam esse ex Aristotele. Vid. tr. ejus de attritione c. 3. p. 29. Petr. Martyr cum indignatione rejecit loc. com. class. 3, lib. 2. de voc. et grat. cap. 8. Calixtus Theologus incomparabilis disp. de justificatione irridet hanc doctrinam. Add. Bellarminus lib. 1. de grat. et lib. arbitr.
[p. 253] Mons. Jurieu soutient un plaisir prevenant dans la volonté, adoptant les pensées du p. de Malebranche. (+ Mais ce plaisir ne sçauroit estre que dans les sens ou dans l'entendement +)
[p. 261] On ne sçauroit vouloir sans vouloir quelque chose et sans sçavoir qu'on la veut, et pourquoy on la veut, clairement ou confusement, c'est à dire il faut s'appercevoir de quelque chose dans l'objet qui le distingue d'un autre objet qu'on ne veut pas et l'inclination est une suite de cette connoissance.
[p. 325 sq.] L'Esprit est tousjours aussi ferme qu'il est eclairé. Si tous ceux qui sont dans la bonne religion la connoissoient aussi bien qu'ils la deuvoient connoistre, et qu'ils se le persuadent il n'y auroit parmy eux ny lacheté ny timidité.
[p. 335] Raison ridicule de M. Jurieu je vois l'importance de cette proposition, donc je la veux croire.
[p. 339] Ita olim Bonaventura duplice statuerat certitudinem cognitionis et adhaesionis.
[p. 274] Les choses spirituelles ne se peuvent sentir que par connoissance, le plaisir prevenant n'est qu'une connoissance. Tout moral est physique. (+ Salvari potest gratia immediata ita, quod omnis perfectio immediata a Deo. +)
[p. 253] M. Jurieu a adopté les pensées du P. Malebranche sur la grace prevenante.
[p. 260 sq.] Toutes les inclinations viennent d'une raison vraye ou fausse.