Series VI Band 4 · No. 331.

Aus und zu Henry More, Immortality of the soul, in der Übersetzung von Pierre Briot

[Januar 1677 bis Januar 1678 (?)]

French

 [Januar 1677 bis Januar 1678 (?)] ~~Manuscrit de la traduction de l'immortalité de l'ame, de Mons. H. More, fait par M. Briot, dedié à Monsgr. le duc de Hannover*

*Mons. More dit que sa demonstration est asseuré[e] autant qu'il est possible par la raison. Il dit pourtant dans la preface, que sa demonstration n'est pas entierement parfaite.

[I 3] Il definit le corps une substance discerpible par pieces et par morceaux, et impenetrable. Et l'esprit une substance indiscerpible ─ mais penetrable. Et il raisonne bien quand il dit, qu'une notion est aussi aisée à conceuvoir que l'autre.

[I 6] Il asseure que les moindres parties de la matiere ont quelque grandeur, autrement leur repetition ne seroit pas l'etendu. Car [un] million de riens est rien. Mais ces parties pourtant sont indivisibles. Et il dit que telles sont les parties dans lesquelles un globe touche un plan, car la repetition des attouchemens par le mouvement fait une ligne. Cet indivisible ne laisse pas d'estre divisible intellectuellement. Il soustient qu'il y a un certain centre d'esprit, qui jette pour ainsi dire à l'entour de luy des rayons d'une sphere d'activité. Il dit que les parties des indivisibles, sont plustost esssentielles, qu'integrantes pag. 47. (+ Celà à mon avis detruit son raisonnement, car n'estant pas integrantes elles sont sans étendue ou distance, et par consequent ne sçauroient faire un étendu. De plus le raisonnement ne me paroist pas trop asseuré, que l'étendue n'est pas composée de points, parce qu'elle seroit composée de riens d'étendue. Car les points sont un peu plus que riens, ayants une situation. Je ne voy pas quelle connexion ait l'entendement et la volonté avec la notion que nostre auteur donne à l'esprit. +)

[I 7 § 1-4] La matiere n'est pas active d'elle même, dit il, puis qu'elle peut estre reduite au repos. L'esprit se [peut] mouvoir soy même, et se penetrer, par une contraction.

[I 7 § 5] Il explique l'union de l'esprit avec la matiere en disant qu'il n'est pas plus difficile que l'union des parties de la matiere entre elles sans aucun ciment.

[I 8 § 1-7] Les Anges sont des estres composés d'esprit et de corps comme les hommes, bestes, plantes. Il pose une ame vegetante; vegetante et sensitive, vegetante sensitive et raisonnable.

[I 8 § 9] Le raisonnement [de] des Cartes prouve bien que la notion de la pensée [est differente] de la notion de l'etendue, et partant, qu'il est possible, qu'il y ait une chose pensante sans étendue, mais il ne prouve pas que l'étendue et la pensée ne peuvent estre des proprietez d'une même substance, pag. 66.

[II 16] Il cite son traité de l'athéisme, dans lequel lib. 3. il a rapporté quantité d'histoires des apparitions.

[II 7 § 4-7] Helmont a cru que l'orifice superieur de l'estomac estoit le siege du sens commun.

[II 7 § 8-9] Le Coeur n'est pas le siege du sens, car dit Mons. More, on a remarqué que le Crocodile sent combat et se defend assez long temps après qu'on luy a osté le coeur, et Chalcidius rapporte la même chose de la tortue de mer, et du Bouc sauvage; à quoy on peut adjouster ce que Galien dit des bestes que l'on sacrifioit. C'est à dire, qu'après que leur coeur estoit osté, et mis sur l'autel, on les voyoit dans le meme temps non seulement respirer et meugler bien haut, mais encor courir et s'enfuir assez loin, jusqu'à ce que la perte de leur sang les fist tomber. Ce qui [me] paroist d'autant plus croyable, que j'ay veu de mes propres yeux, une grenouille tout à fait eventrée, et dont un de mes amis fort adroit anatomiste avoit tiré hors du corps le coeur, l'estomac et les boyaux qui après tout cela ne laissoit pas assez long temps de voir, d'eviter les objets qui se rencontroient dans son chemin, et de sauter avec autant d'agilité qu'auparavant, au lieu qu'une petite playe à la teste prive de vie et de mouvement ces animaux là, en un moment.

[II 7 § 10] Laurent anatomiste dit qu'un nerf estant lié le mouvement et la sensation ne laissent pas continuer depuis la ligature jusque à la teste, mais ils se perdent au dessous.

[II 7 § 12] Il paroist evidemment par les playes et les taillades que le cerveau recoit sans que cette fonction là soit abolie, qu'il n'est pas tout entier le siege de la sensation commune, car comme l'observe Galien ces coups là n'ostent pas la sensation ny le mouvement à moins qu'ils ne penetrent jusque dans ses ventricules.