Series VI Band 3 · No. 89.4.
De l'usage de la meditation
De l'usage de la meditation Je voy qu'il n'y a que tres peu de personnes qui meditent: soit par ce qu'ils sont plongés dans les plaisirs des sens, soit par ce qu'ils se trouvent embarassés dans les affaires. Mais il est aisé de leur faire voir, qu'ils s'en repentiront un jour, et que tous ceux qui ont negligé de mediter s'en sont repentis. Car mediter est faire des reflexions generales sur ce qu'on est et sur ce qu'on deviendra; faire pour ainsi dire une confession generale de sa vie à soy méme; calculer souvent la recette et la dépense de nos talens, et imiter un marchand sage, qui rapporte toute la substance de tous ses journaux dans un livre secret, à fin d'y voir d'un coup d'oeil tout l'estat de son negoce. Or il est manifeste que celuy qui ne le fait pas fera une infinité de fautes que le temps et les evenemens luy découvriront trop tard; et il en sera d'autant plus faché, qu'il reconnoistra de les avoir pú eviter par la meditation. Mais ce chagrin sera sans égal quand il s'agira de mourir, par ce qu'on se trouvera hors d'estat et d'esperance de reparer sa faute, et qu'on sera allarmé terriblement par la juste crainte d'un avenir inconnu. Car c'est alors que les plaisirs des sens nous abandonnent, et que nous abandonnons les affaires, ainsi l'ame sera reduite en elle méme mais trop tard et malgré elle: les pensées seront confuses et malasseurées, les resolutions vagues et precipitées, et l'esprit dechiré par des inquietudes mortelles pourra porter le caractere de son malheur jusque dans une autre vie. Les plus libertins, qui souhaiteroient peut estre d'estre aneantis, ne sçauroient se dépouiller de cette crainte. Car sans entrer dans les grandes raisons de la philosophie solide ils ne laissent pas d'estre frappés par des apparences tres fortes de la vie future et le consentement du genre humain y estant joint doit suffire à une grande probabilité d'une vie future. On peut juger par là que ceux qui ne meditent pas s'en repentiront à mesure qu'ils auront laissé écouler plus de temps. En échange, d'autant plus qu'une personne aura bien medité comme il faut d'autant plus sera-elle en estat de ne se repentir jamais d'aucune chose, bien loin de se repentir d'avoir medité. Car ayant une fois pris des mesures que la prudence peut donner apres une reveue generale, et ayant mis bon ordre pour l'execution de la resolution prise, on sera doresnavant content de ce qu'on aura fait conformement à cette resolution, quoyqu'on tombe quelque fois dans des fautes et erreurs, en suivant meme les regles qu'on s'est faites, par ce qu'on reconnoistra en méme temps que ces fautes estoient inevitables dans l'estat où l'on estoit alors, à cause de la foiblesse de la nature humaine, qui ne nous permet pas de songer à beaucoup tout à la fois ny de nous souvenir de tout à point nommé. Or ceux qui sçavent de n'avoir peu mieux faire sont contents, s'ils sont sages, et ceux qui sont contents sont heureux. C'est pourquoy ceux qui suivront constamment les regles qu'ils se sont proposés par provision, seront heureux lors méme les succes manquent à quelques uns de leur entreprises. Ceux qui ont dessein de mediter, c'est à dire de faire une reveue generale des circomstances, ou rencontres de la vie à fin de mettre ordre à l'avenir doivvent surtout chercher quelque asseurance de ce qu'ils doivvent croire ou suivre à l'egard de Dieu, de l'ame, et du vray bonheur. Car c'est de là que depend la resolution qu'ils doivvent prendre pour le reste de leur vie, et nous voyons que beaucoup de personnes tres sages et d'une haute vertu ont changé entierement leur maniere de vivre apres avoir fait des reflexions sur cecy. Je croy qu'il ne faut qu'un an de temps à une personne quelque occupée qu'elle puisse estre pour se faire une espece d'Agenda, et pour se mettre en estat d'executer ces regles de la vie, qui nous conduiront par provision, et que nous pourrons augmenter ou corriger dans la suite. Enfin ayant pourveu par avance et en gros à toute sorte de rencontres en s'accoútumera à practiquer continuellement les loix dont on est convenu avec soy méme; et de cette maniere on passera le reste de la vie dans une profonde tranquillité et avec une satisfaction qui surpasse tout ce qu'il y a de doux dans ce monde. Mais comme une deliberation de cette importance a besoin d'une grande exactitude; et qu'il est difficile de distinguer les raisons solides de la vraye pieté d'avec quelques sophismes fardés de la superstition si on n'a point de goust encor de la vraye philosophie; je conseillerois à celuy qui voudra mediter serieusement et qui aura le loisir d'approfondir les choses, de se faire premierement un projet de morale par provision, et de l'executer rigoureusement, méme en se punissant en cas de faute et apres cela d'exercer son raisonnement dans des matieres ou il est moins dangereux de tomber, et plus aisé de s'asseurer de la verité, comme sont les nombres, les lignes, et les mouvemens. Car une personne qui aura compris quelques demonstrations, admirera la force et la clarté de la verité, et tachera en toute autre matiere de parvenir à quelque chose de semblable autant que la nature de la chose le permettra. Il se verra metamorphosé en un instant, et il remarquera luy méme la difference entre ses jugemens passés et presens. Ses sentimens ne seront plus chancelans, les inquietudes se changeront dans un vray repos: et le moment qu'il aura commencé à prendre goust aux veritez solides sera celuy de sa conversion. La pluspart des hommes sont accoustumés aux idees confuses, les plus belles veritez ne les touchent pas: mais ils ignorent que les connoissances claires sont necessaires à la sagesse, et que la sagesse seule est capable de nous rendre parfaitement heureux. Je conclus que celuy qui veut mediter sur des choses difficiles et relevées dont dépend son bonheur, et dont l'experience est difficile, doit s'exercer quelque temps dans les questions aisées (des mathematiques,) ou il n'est pas dangereux de se tromper, ny difficile de se détromper. (Et quand il aura appris l'art d'eviter un paralogisme, et de découvrir une verité subtile et cachée; il pourra appliquer les nombres et les lignes aux mouvemens et à la nature.) Et y ayant reussi, il sera en estat de pretendre à des connoissances claires de Dieu, de l'ame, et de la felicité. Il ne faut qu'un an au plus pour tout cecy. Et cette année suffira pour nous rendre contens pendant le reste de nostre vie. Car apres avoir mis ordre à nostre subsistance et aux devvoirs de nostre vocation, nous ne songerons qu'à nous perfectionner dans l'exercice des vertus, et dans la découverte des veritez et connoissances propres non seulement à soulager nos maux et ceux des autres hommes, mais encor capables de nous faire admirer la perfection de l'auteur des choses dont la contemplation profonde et ravissante est l'unique moyen de nous satisfaire. 1) Il faut commencer par les mathematiques, des nombres, et lignes. 2) Il faut s'exercer à les appliquer à des exemples, sçavoir aux loix des mouvemens, à l'estime des hazards, à la jurisprudence, et en un mot à des questions un peu subtiles et delicates qui sont dans nostre pouvoir, mais qui ont besoin des precautions qui y sont bien plus necessaires que dans la pure mathematique. Parce que les essays et les figures qui nous aident et qui nous confirment dans l'arithmetique et dans la Geometrie (commencent) à nous abandonner dans ces sortes des questions à l'egard des choses à demy incorporelles comme sont le mouvement, la force, le plaisir, les degrez de probabilité, le droit. Cela nous fera monter plus seurement aux choses entierement abstraites, où il n'y a pas moyen de s'asseurer par des essays. 3) Car de là il faut venir à la premiere philosophie, ou connoissance de Dieu et de l'ame. Et y joindre ce qui suffit de l'antiquité pour bien fonder la creance touchant les revelations. 4) Il faut là dessus établir une bonne morale. 5) On peut partager le reste du temps entre les deuvoirs de la vie, les conversations, les plaisir des sens, les experiences, les imaginations, les contemplations abstraites. 6) Enfin ayant une fois pris des mesures pour l'avenir, et ayant pourveu à toutes les rencontres en gros par avance, on s'accoustumera à practiquer continuellement les regles dont on est convenu avec soy méme. 7) Et de cette maniere on passera le reste de la vie dans une profonde tranquillité et avec une satisfaction qui surpasse tout ce qu'il y a de doux dans ce monde. NB. Quelque esprit assez fort pourroit commencer par le 3 point, sur tout s'il a le bonheur de se pouvoir servir des demonstrations d'autruy toutes trouvées. Car quelque extraordinaire qu'il soit difficilement ^nil les trouvera par soyö méme ^nsans leö secours ^ndes mathemaötiques. De la Vie Heureuse La Vie Heureuse icy bas consiste dans une ame tout à fait contente et tranquille: pour y arriver il faut observer les points suivans. 1) Il faut se servir de la raison autant qu'il est possible pour connoistre les biens et les maux, et pour discerner les grands des petits, et les faux des veritables; à fin de juger ce qu'il faut faire ou obmettre durant le cours de cette vie. En un mot il faut apprendre ce que la raison ordonne, d'ou vient la sagesse. 2) Il faut se proposer fermement d'executer les commandemens de la raison, sans qu'aucun trouble ny passion nous puisse divertir d'un dessein si noble. En un mot il faut s'efforcer de suivre exactement dans la practique ce que la droite raison nous a appris en theorie, d'ou vient cette habitude, que nous appellons la Vertu. 3) Enfin, ayant fait nostre possible pour connoistre les vrays biens, et pour y parvenir, il faut estre content, quoyqu'il en arrive, et il faut estre persuadé que tout ce qui est hors de nostre pouvoir, c'est à dire, tout ce que nous n'avons pas pú obtenir apres avoir fait nostre deuvoir, n'est pas du nombre des vrays biens. Et par consequent, il faut en un mot, avoir tousjours l'esprit en repos, sans se plaindre d'aucune chose. Et cette assiette de l'esprit est ce qui fait la felicité ou tranquillité de l'ame. Comme ces trois points sont importans et d'une grande étendue, il sera à propos de les expliquer distinctement, chacun à part. Mais les paroles seront inutiles, si celuy qui les lira n'y apporte pas toute l'attention, dont il est capable, et s'il ne fait pas à chaque mot reflexion sur ce qu'il a fait jusqu'icy, et sur ce qu'il doit faire à l'avenir. Ce qui est le vray moyen d'en profiter. Car s'il croit de pouvoir lire cecy comme un discours passager fait plus tost pour plaire, que pour instruire; il fera mieux de ne pas passer plus avant dans la lecture qui ne servira qu'à le rendre plus coupable. De la sagesse La sagesse est une parfaite connoissance des principes de toutes les sciences; et de l'art de les appliquer. J'appelle Principes toutes les Veritez fondamentales, qui suffisent pour en tirer toutes les conclusions en cas de besoin apres quelque exercice, et avec quelque peu d'application. En un mot ce qui sert à conduire l'esprit, à regler les moeurs, à subsister honnestement, et par tout si on estoit méme au milieu des barbares; à conserver la santé, à se perfectionner en toute sorte de choses dont on peut avoir besoin, et à pourvoir enfin aux commodités de la vie. L'art d'appliquer ces principes aux occurrences renferme en elle l'art de bien juger ou raisonner, l'art d'inventer des veritez inconnues, et enfin l'art de se souvenir de ce qu'on sçait, à point nommé, et quand on en a besoin. L'art de bien raisonner consiste dans les maximes suivantes. 1) Il ne faut jamais reconnoistre pour vray que ce qui est si manifeste qu'on ne puisse trouver aucun sujet de doute. C'est pourquoy il sera bon au commencement de ces recherches de s'imaginer d'estre interessé à soutenir le contraire, à fin de voir si cet eguillon ne pourroit pas nous eveiller à trouver quelque chose de solide à redire. Car il faut eviter les prejugez, et n'attribuer aux choses que ce qu'elles renferment. Mais aussi il ne faut jamais estre opiniastre. 2) Lors qu'il ne paroist pas moyen de parvenir à cette asseurance, il faut se contenter de la probabilité en attendant une plus grande lumiere. Mais il faut distinguer des degrez dans les probabilitez, et il faut se souvenir que tout ce que nous tirons d'un principe qui n'est que probable se doit ressentir de l'imperfection de sa source, sur tout quand il faut supposer plusieurs probabilitez pour arriver à cette conclusion, car elle en devient encor moins asseurée que chaque probabilité qui luy sert de fondement, n'estoit. 3) Pour tirer une verité d'une autre il faut garder un certain enchainement, qui soit sans interruption. Car comme on peut asseurer qu'une chaine tiendra, lors qu'on est asseuré que chaque anneau à part est de bonne étoffe, et qu'il embrasse les deux anneaux voisins sçavoir celui qui le precede et celuy qui le suit; de méme on peut estre asseuré de la justesse du raisonnement, lors que la matiere est bonne, c'est à dire qu'il n'entre rien de douteux; et lors que la forme consiste dans une liaison perpetuelle des veritez qui ne laisse point de vuide. Par exemple A est B et B est C et C est D, donc A est D. Cet enchainement nous apprendra aussi de ne mettre jamais dans la conclusion plus qu'il n'y avoit dans les premisses. L'art d'inventer consiste dans les maximes suivantes: 1) Pour connoistre une chose, il faut considerer tous les requisits de cette chose, c'est à dire tout ce qui suffit à la distinguer de toute autre chose. Et c'est ce qu'on appelle, Definition, Nature, Proprieté reciproque. 2) Ayant une fois trouvé un moyen de la distinguer de toute autre chose, il faut appliquer cette méme regle premiere à la consideration de chaque condition ou requisit qui entre dans ce moyen, et considerer tous les requisits de chaque requisit, ou au moins continuer l'analyse jusqu'à ce qu'on vienne à des notions deja resolues, ou dont on se peut servir en attendant comme si elles estoient resolues. Et c'est ce que j'appelle la vraye analyse ou distribution de la difficulté en plusieurs parties, qui n'a pas encor esté expliquée. Car quoyqu'ils ayent dit qu'il faut diviser la difficulté en plusieurs parties, ils n'ont pas donné l'art de le faire, et ils n'ont pas remarqué, qu'il y a des distributions qui brouillent plus qu'elles n'éclairent. 3) Quand on a poussé l'analyse à bout, c'est à dire quand on a consideré les requisits qui entrent dans la consideration de la chose proposée, et méme les requisits des requisits et quand on est enfin venu à la consideration de quelques natures, qu'on n'entend que par elles mémes, qui sont sans requisits, et qui n'ont besoin de rien hors d'elles, pour estre conceues, on est parvenu à une connoissance parfaite de la chose proposée. 4) Quand la chose le merite, il faut tacher d'avoir cette connoissance parfaite, tout à la fois presente dans l'esprit; et cela se fait en repetant l'analyse plusieurs fois jusqu'à ce qu'il nous semble que nous la voyons toute entiere d'un seul coup d'esprit. Et pour cet effect il faut observer quelque gradation dans la repetition. 5) La marque d'une connoissance parfaite est, lorsqu'il ne s'offre rien de la chose dont il s'agit, dont on ne puisse rendre raison; et qu'il n'y a point de rencontre dont on ne puisse predire l'evenement par avance. 5 (bis) ) Il est tres difficile de venir à bout de l'analyse des choses, mais il n'est pas si difficile d'achever l'analyse des verités dont on a besoin. Parce que l'analyse d'une verité est achevée quand on en a trouvé la demonstration: et il n'est pas tousjours necessaire d'achever l'analyse du sujet ou predicat pour trouver la demonstration de la proposition. Le plus souvent le commencement de l'analyse de la chose suffit à l'analyse ou connoissance parfaite de la verité qu'on connoist de la chose. 6) Il faut tousjours commencer nos recherches par les choses les plus aisées, comme sont les plus generales, et les plus simples, item celles sur les quelles il est aisé de faire des experiences, et d'en trouver la raison, comme sont nombres, lignes, mouvemens. 7) Il faut monter par ordre et des choses aisées aux difficiles, et il faut tacher de découvrir quelque progression dans l'ordre de nos meditations, à fin d'avoir la nature méme pour guide et pour garant. 8) Il faut tacher de ne rien obmettre dans toutes nos distributions ou enumerations. Et c'est à quoy les dichotomies, par membres opposés sont tres bonnes. 9) Le fruit de plusieurs Analyses des matieres particulieres differentes sera le catalogue des pensées simples, ou qui ne sont pas fort éloignées des simples. 10) Ayant le catalogue des pensées simples on sera en estat de recommencer a priori, et d'expliquer l'origine des choses prise de leur source d'un ordre parfait et d'une combinaison ou synthese absolument achevée. Et c'est tout ce que peut faire nostre ame dans l'estat ou elle est presentement. L'art de se souvenir de ce qu'on sçait à point nommé, et quand on en a besoin, consiste dans les observations suivantes: 1) Il faut s'accoútumer à avoir l'esprit present, c'est à dire à pouvoir aussi bien mediter dans le tumulte, dans l'occasion, et dans le danger, que dans son cabinet. C'est pourquoy il faut se trouver dans les occasions, et il en faut chercher méme, avec cette precaution pourtant qu'on ne s'expose pas sans grande raison à un mal irreparable. En attendant il est bon de s'exercer dans des occasions ou le danger est imaginaire ou petit, comme sont les jeux, les conferences, les conversations, les exercices, et les comedies. 2) Il faut s'accoustumer aux dénombremens. C'est pourquoy il est bon de s'exercer à rapporter tous les cas possibles de la question dont il s'agit, toutes les especes d'un genre, toutes les commoditez ou incommoditez de quelque moyen, tous les moyens possibles pour arriver à quelque fin. 3) Il faut s'accoutumer aux distinctions, sçavoir deux ou plusieurs choses fort semblables estant données, trouver sur le champ toutes leur differences. 4) Il faut s'accoustumer aux analogies, sçavoir deux ou plusieurs choses fort differentes estant données, trouver leur ressemblances. 5) Il faut pouvoir rapporter sur le champ des choses qui ressemblent fort à la chose donnée, ou qui en sont fort differentes. Par exemple quand on me nie quelque maxime generale, il est bon que je puisse apporter des exemples sur le champ. Et quand un autre apporte quelque maxime contre moy, il est bon que (je) luy puisse d'abord opposer une instance. Quand on me conte une histoire, il est bon que j'en puisse rapporter sur le champ une semblable. 6) Quand il y a des veritez ou connoissances ou la liaison naturelle du sujet avec son predicat ne nous est pas connue, comme il arrive dans les choses de fait, et dans les veritez d'experience, il faut se servir de quelques artifices pour les retenir; comme par exemple pour les proprietez specifiques des simples, l'histoire naturelle, civile, ecclesiastique, la geographie, les coustumes, les loix, les canons, les langues. Je ne voy rien de si propre à faire retenir ces choses là que les vers burlesques, et quelquesfois certaines figures. Item des hypotheses controuvées pour les expliquer à l'imitation des choses naturelles, comme une Etymologie convenable, vraye ou fausse, pour les langues, Rota Mundi, en s'imaginant certains ordres de la providence, pour l'histoire. 7) Enfin il est bon de faire un inventaire par écrit des connoissances qui sont les plus utiles, avec un registre ou table alphabetique. Et il en faut tirer enfin un manuel portatif de ce qui est plus necessaire et plus ordinaire.