Series VI Band 3 · No. 33.

Gespräche mit Tschirnhaus und anderen [

Latin

Dn. Tschirnhaus mihi dixit, Dn. Schwammerdam esse nunc infectum Quakkerismo: vendere suas raritates. Ejus librum de Hemerobiis esse plenum speculationibus miris. Stenon scripsit ad Spinosam, ut ei persuaderet Religionem Romanam. Liber Kersei de Algebra, nullius momenti. Laboravit Tschirnhaus cum aliis quibusdam in argilla; eam inclusere vitro longo, Zuckerglas, supra vesicam porcinam, quae calore astricta postea facit lutum satis firmum. Argilla electa, so bund, und vielerley farben hat. In kleinen erbsgen gebracht, daß das waßer in der putrefaction sie beßer penetrire, nach etlichen wochen fungs an zu schwizen im glas, alsdann fielen tropfen auff die erde, so sie einschluckte, lange hernach ging waßer endtlich, bis es zunahm und über die materi wuchs, hernach verschwand es, kam hernach ganz wieder, die materi schwarz, waßer verschwand wieder, kam endtlich wieder, zuletzt blieb die materi in asche oder sand mit vielen farben, so wunderlich, ward weiter nichts daraus. Ego puto daß waßer von der lufft von außen. Ce matin j'ay receu une lettre de Mons. Gallois. J'ay veu Mons. Tschirnhaus, qui me dit d'avoir veu en Hollande un livre imprimé, de peu de feuilles, en latin, d'un auteur Allemand, qui estoit protegé par Mons. de Konigsmark (qui a esté tué devant Bonne). Il pretend dans ce livre de prouver que la polygamie est necessaire, et selon la loy de Dieu et de la nature, et que la monogamie est une invention du diable, ennemy du genre humain et de son accroissement, il allègue quantité de passages de la écriture, qui sont bien tiré par les cheveux. Il ne permet pas pourtant aux femmes d'avoir plusieurs maris. Comme de raison. Il dit qu'il a parlé à plusieurs habiles hommes, qui sont demeurés d'accord avec luy, mais qui ont respondu qu'on n'oseroit le dire. Il les accuse là dessus, comme lasches, qui n'osent pas avouer la verité divine, reconnue, qu'ils commettent un peche in spiritum sanctum, ut resistentes agnitae veritati. Sur la fin il allegue ce passage de la écriture, maledictus qui opus Domini negligenter facit: et à la marge: NB. hoc est opus Domini, intelligit actum generationis. Mons. Tschirnhaus dit, qu'il y a un libraire en Hollande (à Amsterdam) chez qui se tiennent des conferences des Cartesiens et des Sociniens. Car cela passe pour une méme chose en Hollande. Mons. Tschirnhaus a veu un petit livre imprimé en Hollande du siecle passé: arcana arcanorum arcanissima. L'auteur avoit fait des propositions à Messieurs les Estats, il se plaint, qu'on s'en est moqué. Il partage les desirs des hommes par ordre, et il dit d'avoir les remedes à satisfaire à tous. La pierre philosophale en est le moindre. Mons. Tschirnhaus m'a fait voir Comenii Ianuam Rerum, petit livre, in 4, imparfait. Il a trouvé quelque chose de MS. en Angleterre, qu'il y a adjouté. Mons. Tschirnhaus avoit commencé un petit traité de l'art de polir les verres, par divisions à la mode des Ramistes. Mons. Tschirnhaus me conta qu'un nommé Muth Apothiquaire Danois avoit fait une fourberie pretendant de faire une augmentation qui n'a pas reussi. Il avoit jetté plusieurs fois de l'or dans le creuset, pour faire reussir le procés. L'histoire de l'Usifur est arrivée au prince de Ligniz. Il en estoit si rejoui, qu'il se fit faire une teste de mort, pour se souvenir de sa mortalité. Un oeuf jetté avec une grande force en haut, et retombant, sur la terre, ne se casse pas pourveu qu'il ne rencontre point de pierre. C'est qu'il se fait un ressort si violent, par tout l'oeuf, qu'il rejaillit plus tost que de se casser. Un oeuf laissé long temps dans le vinaigre, devint si mou, avec la crouste qu'on le peut faire entrer adroitement dans un verre dont le col est estroit, il se rendurcit par après, et l'on s'estonne comment il est entré, car on ne le sçauroit plus faire sortir. Mons. Matthion m'a dit qu'un moine de l'ordre de S. Benoist, nommé le pere des Gabets, a fait un livre contre la Transsubstantiation. Il estoit de la congregation de S. Maure; mais pour avoir plus de liberté il s'est mis dans celle de Vivant. Il est à present à S. Miel en Lorraine, avec un autre religieux puissant et habile de leur ordre. Mons. le Card. de Rez s'y est aussi retiré à present. Mons. Iustel me dit d'avoir veu cette piece. Il y a encor des Morinistes, sectateurs de ce Morin qui se disoit fils de Dieu: à ce que dit Mons. Iustel. Ils sont à la chaine à Toulon; un habil homme de Provence leur parla depuis peu, et il dit au plus apparent entre eux; Comment miserables, ne voyez vous pas à present qu'on vous a trompé? Votre Morin n'est pas resuscité. L'autre luy repondit, qu'il l'avoit veu qu'il leur avoit preché: et qu'un jour le monde s'en apperceuvroit. Et comme ce gentilhomme leur disant, qu'il n'y avoit qu'eux qui l'avoient veu, le Moriniste repliqua, qu'il n'y avoit que les disciples de Jesu Christ qui l'avoient veu apres sa mort; par ce que les autres n'en avoient pas esté jugés dignes, qu'ils estoient prests eux de souffrir tous les supplices du monde, pour rendre témoignage de l'avoir veus. Il y avoit de méme en Angleterre un Jean Nailor. Le parlement l'avoit condamné à avoir le fouet; pour le rendre méprisable plustost que de donner à ses sectateurs l'occasion de le faire passer pour un Dieu. Lors qu'il estoit fouetté par la ville, plusieurs de ses sectateurs quoyque gens de qualité le suivirent; et luy donnerent des louanges; que c'estoit le beni de Dieu etc. Mons. Tschirnhaus m'a conté beaucoup de choses du livre Ms. de Spinosa. Il y a un marchand à Amsterdam (nommé Gilles Gerrit, puto), qui entretient Spinosa. Le livre de Spinosa sera de Deo, mente, beatitudine seu perfecti hominis idea, de Medicina Mentis, de medicina corporis. Il pretend de demonstrer de Deo des choses. Quod sit solus liber. Libertatem in eo consistere putat, cum actio seu determinatio non ex extrinseci impulsu, sed sola agentis natura resultat. Hoc sensu recte ait solum Deum esse liberum. Mens secundum ipsum est quodammodo pars Dei, putat sensum quendam in omnibus esse rebus pro gradibus existendi. Deum definit Ens absolute infinitum, item Ens, quod omnes continet perfectiones, id est affirmationes, seu realitates, seu quae concipi possunt. Item Deum solum esse substantiam, sive Ens per se subsistens seu quod per se concipi potest, creaturas omnes non nisi modos esse; hominem eatenus liberum esse, quatenus a nullis externis determinatur. Sed cum hoc sit in nullo actu hinc hominem nullo modo esse liberum. Etsi plus participet de libertate quam corpora. Mentem esse ipsam corporis ideam. Putat etiam oriri unionem corporum a pressione quadam. Vulgus philosophiam incipere a creaturis, Cartesium incepisse a mente, se incipere a Deo. Extensionem non inferre divisibilitatem inque eo lapsum esse Cartesium, lapsum item esse Cartesium cum clare se videre credidit ac distincte, quod mens agat in corpus vel a corpore patiatur. Putat nos morientes plerorumque oblivisci et ea tantum retinere, quae habemus cognitione, quam ille vocat intuitivam, quam pauci norint. Nam aliam esse sensualem, aliam imaginativam, aliam intuitivam. Credit quandam transmigrationis Pythagoricae speciem, nimirum mentes ire de corpore in corpus. Christum ait fuisse summum philosophum. Putat infinita alia esse attributa affirmativa praeter cogitationem et extensionem, sed in omnibus esse cogitationem ut hic in extensione; qualia autem sint illa a nobis concipi non posse, unumquodque in suo genere esse infinitum, ut hic spatium. ( Ego soleo dicere: tres esse infiniti gradus, infimum v. g. ut exempli causa asymptoti hyperbolae; et hoc ego soleo tantum vocare infinitum. Id est majus quolibet assignabili; quod et de caeteris omnibus dici potest; alterum est maximum in suo scilicet genere, ut maximum omnium extensorum est totum spatium, maximum omnium successivorum est aeternitas. Tertius infiniti, isque summus gradus est ipsum, omnia, quale infinitum est in Deo, is enim est unus omnia; in eo enim caeterorum omnium ad existendum requisita continentur. Haec obiter annoto. )