Series II Band 3 · No. 5.

ANTONIO ALBERTI AN RUDOLF CHRISTIAN VON BODENHAUSEN

5. Februar 1695. [18.]

French

Je suis persuadé Mon tres honoré Monsieur qu'il na pas tenu à vous que je n'aye receu exactement la reponse aux lettres que je me suis donné l'honneur de vous ecrire pour vous informer de ce que j'avois fait en execution de ce que vous m'aviez ordonné. Je vous prie Monsieur de vouloir bien excuser l'Abbé della Stuffa. Je vous asseure qu'il n'a point de tort, et qu'il m'avoit écrit diverses fois de Florence pour me demander ce que j'avois imploré pour vos copies. Mais je ne scais comme quoy j'oubliai de luy repondre sur cet article. Au reste je suis sensiblement affligé de l'Indisposition de notre Illustre et incomparable M. Libnits. En verité je ne puis penser à la perte d'un si grand homme sans ressentir une tres vive douleur. Ce qui m'afflige d'avantage c'est qu'il mourroit hors du sein de l'eglise catholique. À propos de quoy je vous veux dire ce que dit l'autre jour un grand Cardinal à qui on informait du grand merite de notre ami. Il asseura que s'il étoit dans la disposition de se reunir à l'eglise on pouvoit comter que non seulement on lui donneroit le poste de primus Custos de la Vaticane mais encore beaucoup d'autres avantages, en sorte qu'il pourroit employer tout ce qui lui reste de vie à servir utilement et glorieusement le public. Je vous ecris ceci non que je voie grande apparance à le faire reussir; mais pour communiquer à une personne que j'estime et que j'honore infiniment une des choses que je desire le plus au monde.

J'ay dit à Mr Landini qui me paroit un parfait honnete homme, ce que j'ay depensé pour faire les copies dont est question. J'ay emprunté à Msgr Champini le tome de 1693 et l'ai donné au dit sieur Landini pour en faire copier ce qu'il trouvera à propos et de la manière et par qui il voudra. Je voudrais Mon tres honoré Monsieur trouver quelque occasion plus importante pour vous temoigner à quel point je suis avec tout le respect et l'attachement possible

Monsieur votre tres humble et tres obeissant serviteur

ce 5 febrier 1695 Ant. Alberti