Leibniz an Basnage

GerhardtFrench

(Im Auszuge.)

Je vous envoye icy une lettre sur une contestation militaire. Elle a esté ecrite depuis peu par un Officier du premier rang et des plus experimentés, qui sert à un grand Prince et qui s'est trouvé aux Pays-bas dans une conversation des Generaux, où cette matiere fut agitée. Comme il y en a gueres d'exemplaires, et que c'est tout autant que si c'estoit un Ms., je crois que vous la pourriés quasi inserer dans un de vos mois. Celuy qui a traduit les Memoires de Melleville, est M. Smith, envoyé de S. A. E. à la Cour de Suede. J'ay de temps en temps l'honneur de ses lettres.

J'ay lû la troisieme partie de l'Histoire d'Angleterre du P. d'Orleans. Elle est considerable, parceque des personnes des mieux instruites luy ont fourni des notices. Et quoyqu'il soit aisé de juger, qu'il a fait pencher les narrations en leur faveur, je ne laisse pas de souhaitter, qu'on en pût avoir beaucoup de semblables sur les affaires du temps.

II n'y a point eu de contestation sur l'examen des lettres de feu M. Conringius. Il y avoit des endroits trop hardis dans celles qu'on a deja données au public. C'est pourquoy on a ordonné à celuy qui les a de n'en donner qu'apres une censure preallable. Je fus chargé moy même de dire mon sentiment sur ce livre.

Mons. Chapuzeau tout agé quil est, ne laisse pas de se bien porter et de faire esperer un bon succés de son grand dessein.

Vous aurés vû le Journal de Hambourg. Je m'etonne qu'on y critique si sechement M. de la Placette, qui ne paroist pas avoir tant de tort.

J'ay demandé nouvelles de mes animadversions, de Mons. Nieuwentid, du traité philosophique de M. Hugens.