Leibniz an Jaquelot

GerhardtFrench

(Im Auszuge.)

J'ay lû et relû vostre abregé du systeme que vous vous estes fait de l'Ame humaine, et je puis vous dire, Monsieur, que je n'y trouve pas un mot que je ne puisse avouer et expliquer conformement à mon sens. Car je crois que lorsque vous dites que les Ecluses des Esprits animaux s'ouvrent et se ferment selon la volonté de l'Ame, vous ne determinés pas si cela se fait par une influence de l'ame sur ces Esprits et Ecluses, ou par une entremise nouvelle et extraordinaire de Dieu qui troublât les loix des corps pour les faire obeir à l'ame, ou si c'est suivant mon sentiment par une harmonie préestablie, car il sera tousjours vray que ces écluses s'ouvriront ou se fermeront suivant la volonté de l'ame. Quand vous dites, Monsieur, que dans l'ame les raisons ne l'emportent pas necessairement comme un poids, parce qu'autrement la volonté se haberet mere passive, et qu'il faut dire qu'elle se determine elle même par les raisons, vous parlés parfaitement suivant mon sens.

Je me suis estonné plusieurs fois comment un aussi habile homme que Mons. Bayle a pû se plaire à debiter les raisonnemens des Manicheens, qui me paroissent de peu de poids, comme il le juge sans doute luy même. Mais la grande fertilité de son esprit actif fait qu'il se donne carriere sur la matiere qu'il a justement devant luy quand il ecrit. Je ne vois pas la moindre apparence pour les deux principes, et le mal n'est rien au prix du bien.

Je suis avec vous, Monsieur, contre M. Locke à l'egard des idées que je crois estre dans l'ame essentiellement, car l'ame est innée à elle même, pour ainsi dire, et par consequent existence, substance, unité, même divers etc. et les verités enveloppées dans ces idées le sont aussi, quoyque les sens fournissent à l'ame l'occasion de s'appercevoir et des idées et des verités.

Es folgt hier die Correspondenz zwischen Leibniz und Jaquelot, die sich knüpft an Leibnizens Remarque sur l'Appendice du Traité de Mons. Jaquelot de la conformité de la foy et de la raison qui est intitulé: Systeme abregé de l'Ame et de la liberté. Sie findet sich in Bd. VI S. 558 ff.